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+  TRAVERSER LE DEUIL
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Auteur Fil de discussion: les champs refleurirent et tout recommença...  (Lu 4429 fois)
claudel
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« Répondre #15 le: 29 Janvier 2010 à 04:10:47 »

Merci d'avoir partagé ce beau texte, j'y perçois beaucoup d'amour.
Mon conjoint a aussi beaucoup écrit et après son décès, j'ai relu plusieurs fois ses textes.  Mais là, je ne suis plus capable.  Il a écrit tellement de belles choses sur moi et l'amour qu'il me portait. C'est devenu trop pénible et j'ai remisé tout ça. Je perçois  sa souffrance à travers ses écrits.  J'ai encore de la difficulté à asssumer qu'il ait souffert physiquement et moralement.
Je suis fatiguée d'avoir mal.  Notre vie ensemble est terminée,  je dois m'y faire et j'espère le jour où ça me sera moins douloureux d'y penser.  Est-ce que jour viendra?  Je pense encore très souvent à mon chéri.
Je réalise cependant que j'avance dans le deuil mais aussi que je régresse par moments.  Ce qui persiste, c'est que j'ai de la difficulté à prendre plaisir, peu importe l'activité et les personnes avec qui je suis.  Ma  vie est devenue terne, moi qui avait tant de facilité à être heureuse, je ne m'y reconnais plus.  Le soleil laisse trop de place aux nuages. 
Je nous souhaite à toutes que s'estompent peu à peu les nuages.
Claudel
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« Répondre #16 le: 30 Janvier 2010 à 00:00:50 »

Bonsoir à toutes,

Je vois que vous avez des traces écrites de vos compagnons ;  j'en ai très peu et pas du même ordre. Michel aimait beaucoup faire la cuisine (et manger de bonnes choses !) et quand je retrouve son écriture au hasard d'un rangement qui m'est encore difficile, c'est une vieille liste de course ou un début de recette ! Ca me renvoie au plaisir de partager avec lui la "peluche des légumes" et d'admirer sa patience et sa générosité pour la confection et la cuisson de tous ces plats (je me rends compte que j'ai écrit ça au présent... je partageais avec lui et j'admirais... c'est fini maintenant tout ça).
J'avais commencé ce texte avec le sourire car j'avais trouvé ça amusant le décalage entre vos écrits et les miens, mais maintenant que je viens d'écrire "c'est fini", je pleure ; je me reconnais tellement dans ton ressenti Claudel, moi aussi je suis fatiguée d'avoir mal et de ne pas savoir si je retrouverai un jour le bonheur qui m'était également coutumier et facile. Je me dis souvent qu'avant j'étais heureuse tout simplement et que maintenant j'ai parfois quelques moments furtifs de bonheur difficilement. Ma flamme de vie est en veilleuse, j'espère et j'aspire à ce qu'elle se rallume complètement un jour.
Je l'avais évoqué il y a quelques jours, je rentre dans la phase souvenir de tout ce qui s'est passé : il y a un an tout juste, le diagnostic inattendu tombait. Inattendu pour moi en tout cas car je pense que lui, il avait senti quelques jours avant qu'il se passait quelque chose de grave pour lui : il était devenu taciturne et préoccupé avant de se décider à aller voir son médecin. Nous nous sommes retrouvés par hasard devant la porte de notre appartement, lui de retour de chez le médecin et moi du travail et là, il m'a annoncé la nouvelle. Depuis, la vie, ma vie a basculé. Comme les vôtres et c'est ce qui nous rassemble ici et nous soutient.
Merci à toutes d'être là et de me faire savoir que ce que je ressens est également ce que vous ressentez, nous sommes donc sur le bon chemin !
Ma tendresse et ma flamme vacillante vous accompagnent
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« Répondre #17 le: 30 Janvier 2010 à 16:06:32 »

Bonjour Claudel, Bonjour Blandine

Oui, j’ai beaucoup de traces. Et je n’y avais pas retouché jusqu’à ce qu’il y a deux mois, quelqu’un me demande ce texte que j’ai du relire. J’ai eu un énorme chagrin en redécouvrant ses mots, et en même temps il y avait quelque chose de très doux Maintenant je sais, qu’il va falloir que je relise tout. Dépouiller ses écrits, les partager, fait partie de ce qui est appelé ici je crois, cultiver sa mémoire.

Je sais tellement ce que tu traverses Blandine. Le souvenir de ce choc, ce truc terrible qui te tombe dessus, et puis après, ces semaines, ces mois, où il faut continuer d’avancer et sachant que celui qu’on aime va mourir, et on ne peut pas faire autrement que de le savoir avec la dégradation et la souffrance au quotidien, et en même temps c’est inimaginable. C’est un temps, où on « vit » dans une autre dimension, la peur au ventre, où l’on n’est que refus de ce qui se vit. L’année d’après cette peur ressurgit, elle a laissé une telle empreinte qu’elle fait à nouveau physiquement mal… C’est là qu’il faut avoir la force de rechercher au fond de la mémoire, ces moments où la toute puissance de l’amour réussissait à illuminer  voir à faire oublier le chaos. Nous devons je crois, leur donner suffisamment de force pour qu’ils neutralisent ce magma affolant de souvenirs où les plus terrifiants prennent tant de place.

Merci pour cette flamme vacillante que nous faisons doucement grandir ensemble, sa lumière nous réchauffe.
Mado, chère Mado, comment te sens tu ?

tendresses à vous toutes et à ceux, celles qui nous lisent
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« Répondre #18 le: 10 Février 2010 à 16:12:01 »

"Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi,
O Seigneur! a quitté ma couche pour la vôtre;
Et nous sommes encore tout liés l'un à l'autre,
elle à demi vivante et moi mort à demi.
"
Booz endormi, Victor Hugo

quelques lignes qui m'avaient frappées, il y a quelques mois. Quelques lignes très justes, des mots sur la perte, l'éloignement et cet étrange espace de vie où l'autre n'est plus, où l'on se demande où il est, parfois on est loin avec lui, quasiment plus là, un espace où il nous faut, malgré l'amputation, continuer d'avancer.
je me sens souvent dans un "autre espace". un espace où la réalité est flottante, mouvante selon mon humeur, où j'ai du mal à me situer.  Où je n'ai pas envie de me situer. Je m'en fiche. Tout se mélange et tant que j'arrive à avancer ce n'est pas bien grave.

je travaille énormément en ce moment, j'ai peu de temps pour écrire et surtout faire le point. Mais je vous lis et vous remercie d'être là.

Pensées douces

« Dernière édition: 10 Février 2010 à 16:14:45 par adèle » Journalisée
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« Répondre #19 le: 28 Février 2010 à 23:08:42 »

bonsoir à tous et toutes, à ceux qui écrivent ici, à ceux qui lisent.

Je traverse une étrange période. j'ai travaillé intensément pendant 5 semaines sans prendre vraiment le temps de respirer, de penser à moi, à mon deuil qui est là, derrière, quelque part en attente. A ma grande surprise j'ai été capable pendant cette période de m'enthousiasmer, et même de me passionner pour ce que je faisais. Oli était toujours quelques part même s'il était en retrait dans mes pensées. Souvent je regrettais qu'il ne soit pas là, mais je me demandait aussi comment il aurait abordé certaines choses, quel regard il aurait posé sur ces événements.
parfois je me sentais indécise parce que le dialogue avec lui me manquait terriblement alors je l'imaginais dans ma tête, questions réponses, dicussions..Je m'aperçois qu'il devient plus facile de rentrer seule à la maison, que j'ai moins peur de cette solitude, que j'apprends à l'apprivoiser. Je continue, pas chaque soir, mais très souvent à allumer la petite bougie devant sa photo et à lui parler. Mais c'est plus difficile que lorsque je lui parle dans ma tête,en cours de journée ou le soir dans lobscurité de la chambre; la photo me ramène toujours à ce corps dont je n'arrive pas à faire le deuil. AU bout de quelques minutes j'ai tellement envie qu'il sorte de la photo pour me prendre dans ses bras que cela devient trop dur.

Parrallèlement à cela j'accompagne ma mère depuis des mois dans sa fin de vie. Et aussi une amie.
Ressurgissent avec force les épisodes de la maladie l'Oli. J'essaie de me servir de ce que j'ai appris, compris dans cet accompagnement de mon homme pour les aider de mon mieux. C'est pas toujours facile, mais je suis heureuse de pouvoir le faire, de transmettre cette petite expérience. l'une comme l'autre me parlent beaucoup de sa fin de vie, et de l'instant de sa mort . je répond honnetement et du mieux possible, ça les rassurre de savoir que d'autres sont passés par le même chemin. Et puis, même si j'aimerai parler de lui autrement que dans la maladie, je parle de lui et on me parle de lui, alors, c'est cadeau
Je sais que m'attendent dans peu de temps les deuils de ces deux personnes qui j'aime infiniment. Je sais aussi que ce seront des deuils différents. je ne projette pas. Le deuil primaire pour moi, même s'il y en a eu d'autres avant, c'est celui de l'homme de ma vie, plus rien ne me fait peur, même si je sais que ce sera difficile.
Ma grande question du lien intérieur, n'a toujours pas trouvé de réponse, ou je ne sais pas le voir ni le sentir. je pense que c'est parce que je suis trop sollicité parce que je vis au présent. j'espère qu'il se construit dans mon inconscient, et qu'il attend patiemment que je sois diponible pour prendre de la force et exploser en moi.
J'en viens à l 'imaginer comme quelque chose de magique, comme lorsque dans les premiers temps du deuil, je pensait qu'Oli allait tout à coup se réincarner, tel qu'il était au beau milieu du salon avec son grand sourire et une de ses taquineries.

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« Dernière édition: 01 Mars 2010 à 09:31:23 par adèle » Journalisée
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« Répondre #20 le: 04 Mars 2010 à 14:03:04 »

Bonjour à toutes,

Claudel quelle chance tu as d'avoir des témoignages d'amour, même si tu ne peux pas les lire pour l'instant. Moi j'aurais tant aimé qu'il me dise adieu, ce qui lui tenait à coeur pour moi et mes deux fils. Il m'a été enlevé et j'en veux au ciel, je suis croyante mais je n'arrive pas à comprendre ce qui nous arrive.

Tous vos témoignages révèlent des amours forts, comment expliquer leurs fins subites alors que tant d'autres rêvent de séparations et d'oublis.

Je n'ai pas vu cette année passer et j'ai toujours autant de chagrin. Le pire c'est ceux qui ne veulent pas comprendre, comme mon patron qui me change de statut et m'augmente, mais ne peut s'empêcher de faire ce commentaire "vous pourriez être un peu plus bavarde". Et bien non, je n'ai rien à dire, je n'ai plus rien à dire, je suis comme vous vidée à force de tout assurer, de "supporter" mon fils et mes parents.

J'essaye de donner le change pour garder le contact avec "les autres", ceux qui ne "savent pas", mais leurs petites vies bien réglées m'insupportent, leurs projets aussi...

Je suis comme toi Adèle, plus rien ne me fait peur, je suis blindée, trop peut-être ?

Je vous embrasse mes compagnes de peine.
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« Répondre #21 le: 04 Mars 2010 à 16:52:38 »

Je crois que c’est parce que nous avons eu l’immense privilège de vivre un Grand Amour que nous nous retrouvons ici. Nous sommes sœurs et cet amour nous le savons, perdure au delà de tout, au dela de la souffrance de la séparation physique. Et c’est y faire honneur, du moins il me semble, que de nous entraider pour vivre au mieux le deuil et temps qu’il nous reste à vivre, aller à l’essentiel et retrouver la joie de vivre.

J’ai reçu un  mail étrange hier. Un mail que j’ai du relire plusieurs fois avant de le comprendre. Il s’adressait à mon compagnon (c’est maintenant mon adresse email qui est « contact » sur son site). C’était un de ses copains, un de ceux que je n’ai pas prévenu faute de retrouver ses coordonnées. Il revenait d’un très long voyage, s’étonnait de ne pas réussir à le joindre au tel, ni par mail d’où le passage par le site.
Ce qui m’a sidérée c’est qu’il s’adressait à Oli. Au présent. « On se la fait quand cette partie de backgammon ? » A la troisième lecture, le temps s’est aboli pour moi aussi. Ce mail qui mélangeait souvenirs et projets, qui s’adressait à Oli, Oli vivant là, maintenant, aujourd’hui, ce mail effaçait le temps et…la mort.
Il m’a fallu 24 heures pour répondre, répondre qu’il était mort. Et surtout remercier cet homme que je ne connaissais que de nom. Le remercier de ne pas l’avoir oublié. De l’aimer toujours. Et de me l’avoir rendu vivant quelques instants.

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« Répondre #22 le: 04 Mars 2010 à 20:08:26 »

Bonjour à toutes,

Ca fait longtemps que je n'ai pas écrit mais je vous ai lu très régulièrement mais je n'avais pas l'énergie pour écrire.
Je suis en train de vivre cette période étrange du souvenir de la maladie (même période l'an dernier) et des étapes dans l'aggravation jusqu'à la mort et je me rends compte que mon chagrin est toujours là mais je ne le vis plus pareil. Je me souviens avoir évoqué que ma tête commençait à fonctionner et effectivement,  j'ai l'impression que je suis moi à l'origine des nombreuses images que je revois : Michel pendant sa maladie, la dégradation physique, son décès, les obsèques... je dors très mal la nuit et ces images-là sont quelque peu obsédantes.
Avant, je souffrais terriblement et cette souffrance m'échappait ; j'ai maintenant l'impression d'une intensité moins forte en permanence mais ce sont les images qui m'échappent ! Je m'isole aussi beaucoup plus qu'avant. Je n'ai aucune persévérance ni tenacité dans ce que je fais ou envisage de faire... c'est tellement loin de ce que j'étais avant, c'est bizarre.
Je garde toujours en point de mire les quelques mots que je reçois de vous parfois dans mes lectures sur ce forum et j'ai en mémoire, je crois que c'est toi Adèle, "cette année j'ai réussi à m'enthousiasmer à nouveau". Quel espoir tu me donnes avec ces mots, ça sera donc à nouveau possible pour moi aussi un jour...
Sinon, ce que tu viens de décrire avec le mail adressé à Oli correspond à ce que je crains : je ne suis pas sûre d'avoir prévenu tout le monde et je regarde régulièrement sa boîte mail qui existe toujours pour voir si quelqu'un s'adresse à lui. Je ne suis pas sûre que j'arriverai à positiver comme tu le fais, "te l'avoir rendu vivant quelques instants" !
Tu m'as interpelée, Nouveau : je commence aussi à avoir des contacts avec des gens qui "ne savent pas" et quand ils évoquent leurs "vies bien réglées et leurs projets" (même ceux qui savent d'ailleurs !), je crois que mon écoute est teintée d'indifférence finalement. Oui, c'est ça, je suis devenue indifférente. Pourvu que ça ne dure pas !
Je partage avec vous que nos histoires d'amour ont été fortes et qu'elles nous nourissent donc encore même si l'être aimé n'est plus avec nous physiquement, il est quand même présent dans notre quotidien et pour moi, c'est parfois une souffrance et parfois une force.
Je vous souhaite une bonne soirée
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« Répondre #23 le: 05 Mars 2010 à 15:39:38 »

Oh Blandine, ta phrase « les images qui m’échappent » je sens cela aussi et ça me terrifie. Je les sens parfois qui s’effilochent mais il y a aussi ces moments où elles s’imposent, claires précises, quasiment au présent.J’ai remarqué que ces dernières apparaissaient dans les moments où je suis sereine et calme.

Ce qui me consterne, c’est que je ne fais toujours pas de beaux rêves avec lui. Je sais que je reve de lui, toutes les nuits et ces rêves éclatent comme des bulles à mon réveil.  Peut être est ce une période de transition après avoir fait comme toi tellement de cauchemars et pendant si longtemps.

Oui, je vais mieux et j’ai retrouvé, alors que je n’y croyais plus de l’enthousiasme pour certaines choses ; c’est un enthousiasme vif mais aussi éphémère. J’ai bien fait d’en parler ici, et c’est bien que tu me le rappelles, je l’avais déjà oublié  Sourire. Mais puisque je l’ai retrouvé le mois dernier, ça veut dire, forcément qu’il reviendra. Et, je l’espère de plus en plus souvent.

Je suis comme vous, j’ai du mal à m’interesser aux petites choses de la vie dans les discussions avec les copains. Je me force tout en faisant du tri. Je ne veux pas perdre mon temps. Et comme toi Nouveau, je préfère le silence aux bavardages stériles.

Je suis dans le jardin de ma mère. Je regarde les boutons du camélia rose s’ouvrir dans les premiers rayons de soleil. Et je pense au titre de ce topic. Si tout pouvait recommencer pour nous aussi… Pourquoi pas ? Aujourd’hui je souris et je choisis de faire confiance aux cycles de la Nature

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« Répondre #24 le: 06 Avril 2010 à 15:01:54 »

Bonjour,

Je passe de temps en temps et je vous lis. ça me fait toujours du bien de vous lire.
je n'écris pas, je n'y arrive pas et pourtant je sais qu'il serait important de mettre des mots sur ce que je vis. celle qui était ma meilleure amie est morte d'un cancer début mars et ma mère se meurt également d'un cancer. Dans ces accompagnements de fin de vie , que j'ai choisi de vivre, je ne peux faire autrement que de mettre le deuil de mon compagnon en retrait. Il m'arrive d'être assaillie d'images de la fin de vie de mon Oli, images sur lesquelles je superpose très vite et de plus en plus facilement des images de lui en bonne santé. Néanmoins la nuit c'est le chaos.
Je suis fatiguée, épuisée physiquement et psychiquement mais je voudrais partager ici, que je sens très fort en moi, et c'est nouveau, une force de vie, une sorte de sourire intérieur qui me portent et me permettent de rester sereine.
Souvent j'entends dans ma tête la voix d'Oli qui me dit "Ma chérie, la vie est courte, très courte, vis !" et j'essaie de lui faire le maximum de place possible à cette voix... Mon amie me disait que c'était en cela que je devais  faire confiance, en ce lien entre lui et moi, même si j'ai du mal a comprendre de quoi il est fait maintenant et si, ce qu'il est au delà de la mort reste un mystère (je parle du lien). je n'arrive toujours pas à comprendre cette histoire de "lien intérieur", à le sentir mais j'apprends à me faire du bien avec de beaux souvenirs de nous, à me raccrocher à ses mots, à ce qu'il m'a transmis alors qu'il s'approchait de sa mort.

Que votre journée soit la plus douce possible
« Dernière édition: 06 Avril 2010 à 15:21:06 par adèle » Journalisée
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« Répondre #25 le: 06 Avril 2010 à 23:15:26 »

Bonsoir Adèle,

Ravie de te lire un peu, même si les nouvelles ne sont pas toutes bonnes. Je te trouve très courageuse et sûrement bien "habitée" pour arriver à rester sereine dans ce que tu vis à nouveau.
Concernant le lien intérieur, il m'est arrivée quelque chose de curieux et agréable il y a déjà quelques semaines : un samedi matin, donc j'avais du temps devant moi, j'ai fait quelques exercices de souplesse et de relaxation, pour retrouver une respiration fluide et détendante. Une musique accompagnait le rythme de ma respiration et en fin d'exercice, j'ai ressenti la présence de Michel entrer en moi. Je sais que ça peut paraître bizarre mais c'était une sensation tellement étonnante et douce, je crois même que j'ai souri durant ce court instant ; depuis ce jour-là, je me raccroche au fait que je sais qu'il est en moi quelque part et qu'il se manifestera donc quand nécessaire pour m'aider. Je n'ai pas ressentie ça depuis, mais comme toi, je m'accroche à ce qu'il a pu me dire durant son chemin vers la mort, ce qu'il attendait de moi "après", ce qu'il aurait fait ou pensé devant une situation... c'est ça pour moi le lien intérieur, ce qu'il m'a apporté durant sa vie, il me l'apporte encore maintenant car c'est ancré en moi et ça m'accompagne dans ma solitude. C'est en moi maintenant que je vais chercher cette complémentarité qui m'était très utile, sans elle je ne suis plus en équilibre !
Tu parles d'une force de vie que tu sens en toi, ça me donne de l'espoir : ça me renvoie à ma sensation très récente "d'allègement" dont j'ai parlé sur un autre post et je me dis que c'est le travail préparatoire pour faire la place à cette force de vie. Et si elle est si présente en toi qu'elle te permet d'affronter les difficultés que tu vis actuellement avec sérénité, alors elle est précieuse et prends-en bien soin !
Je te souhaite une nuit ressourçante à défaut de paisible
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« Répondre #26 le: 07 Avril 2010 à 11:33:37 »

Chère Blandine,

Quelle joie, oui quelle joie de te lire.
Ce que tu décris de cette sensation physique de la présence de Michel est exactement ce que j’attends, et à te lire, je sais maintenant qu’il ne s’agit pas d’un espoir délirant mais de quelque chose qui se produira, au bon moment, lorsque je serais prête à l’accueillir.

Oui, le lien intérieur il est fait obligatoirement fait du NOUS et du vécu de ce NOUS. Lorsque j’y réfléchis, je ressens ce NOUS comme un monde devasté par une explosion atomique et dont il ne reste un vaste chantier de décombres. Pendant de longs mois, il a été balayé de chagrins, de désespoir et de colère et je ne pouvais y voir que les atroces cratères du manque. Ce que j’apprends en ce moment, c’est à y retourner, à restaurer patiemment ce qui peut l’être. Alors comme toi je me dis qu’il est là, à m’aider,  à tourner mon regard vers les jeunes pousses qui renaissent et à m’en réjouir. Il aimait tellement la vie, et c’est cet amour là qui résonne maintenant en moi.
Je m’aperçois aussi que c’est un travail méticuleux et très long, et que je dois souvent résister à la tentation de l’abandon, de l’évitement, accepter d’avancer parfois de trois pas et de reculer brusquement d’autant sans me décourager.
J’ai beaucoup mieux dormi cette nuit. Sans aucun doute parce qu’en me reconnectant au forum, je me suis reconnectée à mon deuil d’Oli et donc à lui, à nous.

Bon, j’ai hate de le sentir en vrai de vrai ce lien, mais je sais attendre. Et en écrivant ces mots, je réalise à quel point j’ai progressé. Ce truc délirant et irrationnel d’espérer envers et contre tout le retrouver comme « avant » et cette souffrance que cela ne se produise pas m’ont enfin lachée. Oli s’est transformé. Et j’ai aussi beaucoup changé. Je ne sais pas encore où je vais avec tout cela, mais j’y vais et je n’ai plus peur.

A tous et toutes, que la journée soit la plus douce posssible.
« Dernière édition: 07 Avril 2010 à 11:48:04 par adèle » Journalisée
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« Répondre #27 le: 07 Avril 2010 à 19:20:52 »

Bon. je ne sais pas si c'est le fait d'avoir écrit ici ce matin, mais j'ai, depuis, l'impression d'avoir fait 1000 pas en arrière. j'ai fondu en larmes dans le métro et le coup de la maison vide en rentrant m'a complètement plombée. j'ai beau savoir que ça va passer, que ça ira mieux demain, j'ai du mal là.
ne rien faire et attendre, laisser les émotions sortir...  je voudrais bien ne pas en avoir d'émotions. Parfois ça marche, je ne sens plus rien.
ceci dit je suis bien incapable de définir ce que je ressens là et qui m'épuise.


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« Répondre #28 le: 07 Avril 2010 à 22:34:47 »

Bonsoir Adèle
Je suis de tout coeur avec toi. Nous le savons "après la tempête, le calme arrive". Cette émotion qui nous submerge parfois, il faut la vivre jusqu'au bout et oh que oui l'épuisement arrive ensuite. Je sais tellement tout ça comme beaucoup d'entre nous.
Je ne peux que te souhaiter courage courage, et si tu fais des pas en arrière, c'est bien qu'il y en a eu en avant ! Je sais, ça te paraît peut-être simpliste et déplacé là maintenant tout de suite, mais quand j'ai également cette terrible sensation de reculer, j'y pense parfois quand je le peux au milieu de ma détresse et ça me porte un peu.
Je t'envoie l'optimisme que j'ai ce soir et si tu t'en souviens, ma petite flamme vacillante est en train de grandir en ce moment, j'en profite donc pour en partager la chaleur qu'elle me transmet avec toi
Que la nuit te soit la plus paisible possible
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« Répondre #29 le: 08 Avril 2010 à 22:17:12 »

Merci Blandine.

Non, je n'est pas simpliste ta petite phrase, et c'est vrai, je ne dois pas l'oublier que je fais aussi des pas en avant.
Merci de me partager ta petite flamme, je l'accepte avec reconnaissance.

je te souhaite une douce nuit

a très bientôt  Sourire
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