Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.
Avez-vous perdu votre courriel d'activation?
18 Mai 2012 à 05:05:47
Accueil Aide Rechercher Identifiez-vous Inscrivez-vous

+  TRAVERSER LE DEUIL
|-+  Modules d'accompagnement
| |-+  Vivre le deuil de son conjoint
| | |-+  les champs refleurirent et tout recommença...
« sujet précédent | | sujet suivant »
Pages: 1 2 [3] 4 5 Bas de page Imprimer
Auteur Fil de discussion: les champs refleurirent et tout recommença...  (Lu 4429 fois)
Blandine
Modérateur Global
Membre Complet
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 121


Voir le profil
« Répondre #30 le: 15 Avril 2010 à 11:37:33 »

Bonjour,

Ma petite flamme en prend un coup depuis quelques jours ! Moi aussi, ça me fait du bien de relire que des pas en avant ont été faits car là je repars plutôt en arrière !
Mon corps me parle souvent avant la tête et c'est le cas : les tensions réapparaissent, ma respiration redevient moins fluide, les nuits sont à nouveau très difficiles... et c'est logique, j'approche de la date anniversaire du décès de Michel (encore un mois) et toutes les images de cette période de maladie, de transformation, d'hospitalisation et de perte d'autonomie me reviennent en masse durant les moments où je suis face à moi-même, et la nuit quand je ne dors pas. Il paraît que passé ce cap de l'année, il se passe quelque chose... j'espère cette bascule plutôt positive avec impatience et aussi patience, je sais laisser venir ce qui vient, sans perdre espoir en réalité même si parfois la tristesse ou détresse prend le dessus.
Bon courage à toutes et tous
Journalisée
suzy
Membre Senior
****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 288


Voir le profil
« Répondre #31 le: 15 Avril 2010 à 17:31:47 »

Bonjour Blandine,
Voilà quelques temps que je n'ai plus rien écrit sur ce site, mais je le consulte régulièrement!Et si j'écris, c'est plutôt dans mon journal de deuil, qui se trouve en permanence sur ma table de nuit et qui récolte mes états d'âme fluctuants...
Voilà. J'arrive au terme de mes vacances de Pâques. Finalement, dans un sens, ça ne s'est pas trop mal passé: J'ai fait des tris, des rangements; j'ai"osé" jeter certaines choses; j'ai fait venir quelqu'un pour commencer à remettre un peu le jardin en état. Tout cela m'a fait du bien.J'ai vu que j'avais fait de l'avance...Mais en même temps, qu'est-ce que les souvenirs remontent à la surface!!Voir la nature renaître et me dire que plus jamais, je ne l'entendrai siffloter au jardin; plus jamais nous ne bricolerons ensemble dehors; plus jamais nous ne nous installerons ensemble sur la terrasse plus jamais...plus jamais...plus jamais...
Et en faisant des rangements, combien de fois ne suis-je pas tombée sur un objet, une photo ou un souvenir qui m'a fendu le coeur...!Ma vie a tellement changé. Tout me semble tellement bizarre dans cette nouvelle vie dénuée de sens...
Les gens de mon entourage me trouvent courageuse et me disent que j'ai déjà fait une avance énorme!Je crois que c'est vrai. C'est vrai que je me suis découvert une force insoupçonnée! Et cela, c'est grâce à ma foi en l'au-delà: Je suis convaincue qu'un jour, on se retrouvera...Mais malgré tout, cette croyance ne peut combler ce vide immense qui m'envahit si souvent. Sa présence me manque avec tout ce que cela implique: sa voix, son sourire, sa tendresse, son humour...On a tellement rigolé tous les deux! Souvent, la journée commençait pour nous dans un immense éclat de rire...Et maintenant?Plus rien que le vide et le silence...Les gens peuvent bien me féliciter pour mon courage.A quoi sert le courage quand on a perdu toute sa joie de vivre...?
Alors tu vois Blandine,on en est toutes un peu à la même...
Je pense à toi
Suzy
Journalisée
adèle
Administrateur
Membre Complet
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 162


Les champs refleurirent et tout recommença...


Voir le profil
« Répondre #32 le: 17 Avril 2010 à 10:43:56 »

Bonjour mes amies,

Je crois avoir touché un fond ces derniers temps, un nouveau fond, et je remonte doucement.
Mercredi dernier, lors de l’apparition des premiers rayons de soleil, je n’avais qu’une envie, l’appeler, lui dire « vite, prépare la voiture, on part quelques jours tous les deux, on va féter le printemps ». Et je me suis revue, je nous ai revus partant joyeusement… Perdue dans mes pensées j’étais en arret, sur le trottoir de la rue de Rivoli, bousculée, mutique, sourde.
Mes nuits sont toujours aussi cahotiques, je me réveille très tôt, et j’ai décidé finalement d’en tirer profit, de faire comme toi Suzie, trier et jeter ou donner. Que de temps il m’a fallut pour me séparer de certaines choses ! Que d’étapes ! Je ne suis pas sûre d’arriver au bout de ce que j’ai à faire à ce niveau là ce week end, mais j’ai appris la patience et à ne pas me faire violence. Je ferais ce que je pourrais, le reste attendra encore…
Chère Blandine, c’est terrible de devoir tout revivre et impossible d’y échapper. Le jour de l’anniversaire, j’étais épuisée et abasourdie d’avoir survécu à tout cela. Et il y  avait ce truc vertigineux « puisque j’ai survécu, c’est donc que je vais continuer à vivre, mais comment…. »
Et c’est parce que, comme vous j’ai une foi inébranlable dans les retrouvailles au delà, même si elle se fragilise terriblement lorsque je suis au fond du gouffre, que ma petite flamme se ranime et brille parfois très fort.
Aujourd’hui, je refais quelques pas en avant et j’ai un grand sourire que je vous partage. Les sourires, sourire pour soi, lorsque l'on est seule à la maison comme moi aujourd'hui, c’est important. C'est la joie de vivre qui frappe doucement à la porte...
Je te lis Suzie et je réalise qu’il y a bien longtemps que je n’ai pas éclaté de rire, je crois qu’il n’y avait que lui qui avait ce pouvoir là, me faire rire aux éclats même dans les pires situations.

ça m’apaise de discuter avec vous, de partager, de lire que nous vivons les mêmes choses. Notre courage est là, dans ces partages et dans notre désir d’avancer ensemble.

Je vous souhaite beaucoup de douceur pour ce premier week end de printemps
je pense à vous

Adèle
Journalisée
suzy
Membre Senior
****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 288


Voir le profil
« Répondre #33 le: 17 Avril 2010 à 22:53:51 »

Bonsoir Adèle,
Ton message m'a fait du bien et je suis contente, avant d'aller me coucher, de pouvoir un peu exprimer le ressenti de ma journée. C'est vrai qu'elle n'a pas été facile...
Jean-daniel et moi faisions tous les deux partie d'une chorale de chanson française.Nous avions commencé la préparation de notre troisième concert annuel lorsqu'il est décédé.Je sais qu'il n'aurait pas voulu que j'arrête, aussi j'ai continué en souvenir du plaisir que nous y trouvions tous les deux.De plus, tous les autres membres m'ont énormément entourée et, c'est difficile à expliquer, mais lorsque j'y vais, je le sens tellement présent...J'ai toujours l'impression qu'il m'encourage et qu'il chante avec nous...Ce week-end, nous sommes en plein week-end de travail, car nous démarrons nos concerts la semaine prochaine.J'y ai donc passé la journée et ça a quand même été dur...tous ces souvenirs qui sont remontés à la surface...Le plaisir qu'il avait toujours lors de ces moments de préparation, la place qu'il occupait dans le groupe, l'ambiance conviviale lorsque nous buvions l'apéro avec l'équipe; tous ces moments qui étaient...mais qui ne sont plus...ces moments qui me font ressentir si cruellement son absence...J'ai le sentiment que je recule dans mon chemin de souffrance.Avec l'arrivée du printemps, ce goût d'inachevé se fait tellement mordant en moi...Toutes ces choses que nous avions tant de plaisir à refaire à cette saison ( vélo, marche, petits week-end en amoureux...) toutes ces choses ne seront plus...Je peux éventuellement faire du vélo et de la marche seule ( mais quelle tristesse!), mais et les petits week-end en amoureux ? J'ai vraiment l'impression que ma vie s'est arrêtée le 18 décembre 2009...On marchait ensemble dans la rue; on parlait,on rigolait; et tout-à-coup la vie, telle que nous la connaissions, s'est arrêtée...Demain, cela fera 4 mois...! Je suis sûre qu'il est content que j'aie continué la chorale ( car, il me voit, j'en suis convaincue...)mais sans lui,plus rien ne sera pluis jamais pareil...Il me manque tant...
Merci à vous toutes sur ce forum qui me permettez de m'exprimer...C'esr vrai que ça aide de sentir qu'on est pas seule à vivre cette souffrance innommable...
Je pense à toi Adèle , et à toutes celles qui vivent si tristement l'arrivée du printemps...
Suzy
Journalisée
Blandine
Modérateur Global
Membre Complet
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 121


Voir le profil
« Répondre #34 le: 18 Avril 2010 à 09:17:25 »

Bonjour Adèle et Suzy,

Grâce à vous je vais continuer mon dimanche un peu plus détendue car je pleure profondément depuis que je vous ai lues et je sais qu'après je serai épuisée mais moins tendue ! C'est tellement paradoxal tout ça.
Oui c'est dur le printemps ; pour moi il est aussi synonyme du décès de Michel, très proche de l'univers de Jacques Brel et je ne peux me détacher cette année de "c'est dur de mourir au printemps, tu sais" !
Je vous suis reconnaissante d'évoquer que vous arrivez à faire ce rangement tellement difficile : pour moi c'est très épisodique et je suis donc très loin d'être au bout ; je profite vraiment des rares moments où je sens que ça va être possible et ça fait à nouveau quelque temps que ça ne m'est pas arrivé ! Je commence maintenant à sentir que l'extérieur influe sur mon état émotionnel et je ne sais pas si le fait de rester dans notre appartement et notre quartier va finalement me rendre le détachement plus facile ou plus difficile : mes sentiments varient énormément par rapport à ça, un coup ça me fait du bien de retrouver "notre" environnement car les souvenirs sont plutôt empreints de douceur, tendresse, sérénité et joie, un coup ça me fait mal car c'est plutôt douleur (que je sais tellement  incontournable et nécessaire car salutaire). C'est beaucoup trop tôt pour moi de prendre une décision bien sûr, mais je m'oriente en tout cas vers le fait d'entreprendre de légers travaux (peinture !) que nous voulions faire de toute façon, car que j'y reste ou non, il faut que je remette l'appartement en état et je vais donc tenter de le faire à mon goût, ça m'aidera peut-être aussi à y vivre différemment. Je me souviens Adèle de ce que tu avais écrit sur la transformation de ta chambre à coucher et que tu t'y sentais mieux après l'avoir configurée autrement.
Ca y est, la vague déferlante de larmes est passée, je vais profiter du soleil du jour en tentant de vivre des moments agréables à mon rythme.
Je vous souhaite à vous 2 et à tous les autres une journée humainement remplie
Blandine
Journalisée
suzy
Membre Senior
****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 288


Voir le profil
« Répondre #35 le: 18 Avril 2010 à 21:16:27 »

Bonsoir Blandine,
Demain, je reprends le boulot après deux semaines de vacances...Vacances...un bien grand mot qui ne veut plus dire grand chose pour moi...Que faire de mes journées en solitaire, maintenant que j'ai perdu mon essentiel? Attendre des coups de téléphone de mes ami(e)s, alors que je sais d'avance que tout ce qui me sera proposé ne me fera de toute façon pas vraiment plaisir...J'ai réussi à faire quelques tris et rangements, mais en faisant le bilan de ce que j'ai fait, je me rends compte que ce n'est qu'une infime partie  et que le plus difficile reste à faire...J'ai aussi pensé entreprendre certaines transformations dans ma maison; j'envisage même de changer ma chambre à coucher; mais là-aussi, certains jours, je me dis que ça me fera sûrement du bien et d'autres jours, je me dis que si je me sépare de notre lit, cela va me rendre malheureuse...En fait, je me sens un peu perdue ces temps...Je me sentais plus forte avant les vacances. Pourquoi cela? Est-ce dû à l'arrivée du printemps ? ou est-ce que je ne prends réellement conscience que maintenant que ma vie merveilleuse est définitivement terminée? Comment l'accepter? Je me sens tellement révoltée; je trouve que c'est tellement injuste...Il y a 4 mois exactement...nous étions entrain de manger ensemble au restaurant...pour la dernière fois...Nous ne savions pas alors que nous ne rentrerions plus jamais ensemble chez nous...nous ne savions pas que tout s'arrêterait si brutalement...Nous ne demandions pourtant qu'à vieillir ensemble...
Excusez-moi, Blandine et Adèle, de mes tristes propos, mais ce soir, un fois de plus, je me sens à nouveau au fond du trou...
Suzy
Journalisée
adèle
Administrateur
Membre Complet
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 162


Les champs refleurirent et tout recommença...


Voir le profil
« Répondre #36 le: 24 Mai 2010 à 01:51:22 »

Bonsoir mes amies du forum

J'ai peu écrit ces derniers temps parce que je n'allais pas bien du tout et que je n'avais pas envie de vous plomber.
Il y a cette phrase dans le deuil qui dit que "la vie continue", dans ma vie ce sont les maladies et les deuils qui continuent, s'enchevêtrent,se superposent, se succèdent. J'ai perdu beaucoup d'amis ces deniers mois, d'abord mon homme et des ami (e)s dont l'une, il y a deux mois qui m'était essentielle. Et ma mère se meurt également d'un cancer. Et c'est le bout du bout là.
Alors peut être que si ces accompagnements et ces deuils ne s'étaient pas ajoutés j'en serais un peu plus avancée dans le processus de deuil de mon compagnon. Lorsque je dit quej'ai un rythme lent c'est aussi parce que je suis obligée de "le mettre à l'arret" pour être présente auprès de ceux que j'aime et qui se préparent à mourir. inconsciemment tout cela ne fait que faire resurgir des images de fins de vie de mon homme. Je ne cesse de visiter et revisiter les derniers mois et j'ai bien du mal à aller chercher des images de lui, sans souffrances et avec des rires.
Honnêtement, en ce moment je ne sais plus où j'en suis. Enfin si, complète déstructuration. Je serre les dents et je m'oblige à travailler (mal) a essayer de suivre ce que font les enfants et à être présente lorsqu'ils me le demandent. Ils sont très demandeurs et parfois j'ai bien envie de leur dire stop et de fermer ma porte à double tour, mais ils ont raison, ils me tirent du côté de la vie.
Alors bon, je ne sais pas comment écrire tout cela, en ce moment le plus difficile est d'accompagner mon père, parce que je me revois avec Oli face à la mort qui approchait et je vois mon père désemparé, terrifié comme j'ai pu l'être et là aussi j'ai du mal à trouver les mots. Tout est  trop frai, trop présent, tout se mélange parfois même si lorsque je suis près de ma mère je suis à 100% avec elle. parfois elle me demande comment Oli a fait pour mourir.je lui dit que je n'en sais rien, je n'étais pas dans sa tête, dans son corps, dans son coeur, je peux juste parler de ce que je ressentais moi, du moins ce dont je me souviens, je n'ai pas le courage de réveiller la totalité des souvenir.
Et puis ce que j'ai vécu avec lui, je l'ai VECU AVEC LUI justement. Nous étions deux.  Là je suis seule, il n'est plus là et je n'ai plus mon amie pour partager et trouver le moyen de rire même de tout cela.

J'ai quand même eu une grande joie cette semaine. un peintre ami d'Oli a fait un magnifique tableau. Oli et moi , Oli qui m'enveloppe dans ses ailes d'anges avec une telle tendresse que j'ai pleuré une heure devant mon ordi en découvrant ce tableau dans la vidéo de l'expo. C'était une surprise magnifique, bouleversante et qui m'a remplie de joie malgré mes larmes. Comme si maintenant, il était inscrit quelque part, enfin sur ce tableau qui va beaucoup voyager, qu'Oli me protège pour toujours avec amour. Et cette fois, ce n'est pas un de mes délires magiques, c'est un artiste qui nous voit de cette manière là. Amants , amoureux pour l'éternité d'ici bas à la haut. Et là j'ai eu, une fois de plus, la certitude que l'on se retrouverait, rien qu'en voyant ce tableau où nous  sommes réunis.
Heureusement qu'il y a ces petits trucs de la vie, sorte de signes, de clins d'oeil et surtout générateurs de joie.

je vous embrasse

adèle
Journalisée
yleriane
Membre Junior
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 68


Voir le profil
« Répondre #37 le: 24 Mai 2010 à 13:19:57 »

Bonjour Adèle ,
Je viens de voir ton message et je voulais te répondre quelque chose , honnêtement je ne sais pas quoi mais je voulais que tu saches que tu n'étais pas complètement seule . Je dis complètement parce que chacune de nos douleurs sont uniques mais que l'on peut les partager un peu . Quels mots pour te consoler , t'aider à tenir ? Te seront-ils utiles ? Juste que l'on est là , que nos pensées sont avec toi , qu'elles t'accompagnent dans ces moments si durs . Je voulais aussi te dire que je suis persuadée que de temps en temps , on a besoin de temps pour soi , seule . C'est vrai que les enfants nous obligent à continuer , parfois ils ramènent le rire à défaut de la joie mais il nous faut  quand même du temps à nous . Alors quand tu dis que parfois tu as envie de dire Stop à tes enfants , je te comprends tellement .
Il semble que tu saches prendre là joie là où elle se trouve . Ce tableau est une incitation à la vie , un cadeau précieux .
Je t'embrasse bien fort Adèle . Prends soin de toi .
Journalisée
adèle
Administrateur
Membre Complet
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 162


Les champs refleurirent et tout recommença...


Voir le profil
« Répondre #38 le: 27 Mai 2010 à 08:50:43 »

Bonjour et merci Yleriane,

Je suis heureuse ce matin parce que cette nuit j’ai révé de mon homme. Bon, ce n’était pas chabababada mais pour la première fois, ce n’était pas un rêve de maladie, colère ou d’irritabilité maximum. C’est toujours le même scénario, il est là, en forme maintenant, plus du tout malade, on est avec des amis, départ en vacances et je lui dit que je ne peux venir. Et je suis incapable de lui expliquer pourquoi. Il insiste, cette fois avec bcp de douceur (enfin !) et je continue de dire non, avec bcp d’entêtement tout en me demandant pourquoi je refuse. Et je les vois partir, je suis seule au bord de la mer, il y a bcp de vent, du sable qui vole. Je n’en reviens pas d’avoir refusé, de les laisser partir joyeusement et d’être quasi paralysée là, dans une tempète légère, mais une tempète. Et il me faut du temps, bcp de temps pour réaliser que ces vacances sont impossibles puisqu’il est mort. Et c’est encore cette question qui me réveille, pourquoi est ce que les autres le voient et se conduisent naturellement avec lui alors qu’il est mort. Pourquoi suis je la seule à le savoir mort ?

Bon, tant pis pour cette angoissante question qui me poursuit en rêve depuis des mois et que je n’ai pas encore résolue. Ce que je retiens c’est qu’il était beau, gai et souriant dans ce rêve et que même si  j’étais un peu mutique et perdue dans ce nuage de sable, lui était heureux, vivant, pareil à ce qu’il était. Que nous étions capables de nous parler calmement. Et que cette image enfin restaurée me suffit pour démarrer la journée avec le sourire.

Je vous souhaite à toutes une journée la plus douce possible
Journalisée
adèle
Administrateur
Membre Complet
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 162


Les champs refleurirent et tout recommença...


Voir le profil
« Répondre #39 le: 06 Juin 2010 à 11:57:00 »

Bonjour a toutes

j'éprouve aujourd'hui le besoin de faire un point ici sur ce que je vis.
J'ai l'impression d'être dans plusieurs vies en parallèle et même si globalement je vais mieux, c'est pas mal le chaos.

Du côté de ma mère, c'est l'affaiblissement total, la perte d'autonomie, et malgré quelques moments de douceur et d'acceptation, elle est dans une grande souffrance psychique. ELle habite à 500 km de moi, je vais souvent y passer de longs week end, persuadée à chaque fois que j'en repars que je ne la reverrai pas. Accompagner ma mère dans ce cancer, et surtout maintenant qu'elle est en phase terminale est, malgré tout,  une expérience riche. Nous sommes passées d'une relation très conflictuelle, à quelque chose de doux, d'apaisé, de très réparateur pour moi. Il aura fallut le douloureux chemin de la maladie.

ce qui me perturbe gravement en ce moment, c'est que je dois partir le 20 juin, pour mon travail, une semaine à New York, de l'autre coté de l'océan, donc très loin.. Et ma fille, que je vois peu maintenant qu'elle a quitté la maison m'accompagne. Une partie de moi se réjouit follement de ce voyage avec elle, d'être loin de tout, de souffler.  L'autre partie culpabilise de partir, se sent mauvaise fille, mauvaise soeur, a l'impression d'abandonner le navire alors qu'il coule. Je ne sais pas quoi faire, même si la raison me dit que je ne peux rester immobile à attendre la mort de ma mère. Que ce qui doit arriver arrivera, où que je sois et que ce n'est pas moi qui décide.

Du côté d'Oli.. j'ai enfin trouvé la force d'organiser pour la fin de l'année une exposition rétrospective des oeuvres qui restent.Je veux les sortir de la réserve où elle dorment depuis le décès d'Oli, les mettre en lumière., il faut qu'elle soient chez des gens, regardées, aimées, qu'elles vivent.  J'ai le lieu, la date, le titre de l'expo. C'est très difficile émotionnellement, j'ai toujours et ça ne passe pas, les mains qui tremblent lorsque j'y touche, et là je suis vraiment obligée. Mais d'avoir ce but, de poser les premiers jalons de cet événement est aussi très porteur. Je connais mes limites émotionnelles, j'ai donc demandé de l'aide à ses amis. Cette expo c'est une façon de continuer à le faire vivre bien sur, mais surtout cela me reconnecte à Oli le peinte, l'artiste, cela m'aide à dépasser les images traumatiques de la maladie, à retrouver sa joie de vivre qui maintenant se déverse souvent en moi. J'ai le sentiment d'être privilégiée malgré tout.

Il ne me quitte pas, je ne cesse de me demander, quels tableaux il aurait choisi, comment il les mettrait en scène, je fais les questions et les réponses, je doute, je recommence, il me manque terriblement et en même temps des souvenirs joyeux reviennent....j'ai six mois devant moi pour tout organiser du mieux possible, j'ai de l'aide et je le sens avec moi dans quelque chose qui se construit au delà de mon chagrin.

Bon j'ai été bavarde aujourd'hui :-)  merci de m'avoir lue

Pensées douces
Journalisée
adèle
Administrateur
Membre Complet
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 162


Les champs refleurirent et tout recommença...


Voir le profil
« Répondre #40 le: 12 Juin 2010 à 13:08:36 »

depuis mon reveil, je suis obsédée par l'idée de déménager. idée récurrente et qui est de plus en plus forte.
cet appart, j'y habite depuis 18 ans, il est chargé de souvenirs, mon homme, les enfants. Je m'aperçois que je vis dans deux pièces et que n'entre dans les deux autres par necessité et à contre coeur. Et même si, dans toutes les pièces, j'ai changé les meubles de place, ça ne change finalement rien.
J'ai bien conscience que dans ce désir de déménager, il y a un désir de fuite. Comme si j'aillais tout laisser derrière moi
Comme si changer vraiment de décor allait transformer ma réalité.
Ma vie a changée, je suis maintenant seule, et je ne sais pas quoi faire de moi. je ne sais même plus qui je suis. J'avance c'est sûr mais vers quoi.
Est ce que laisser cet appart derrière moi, m'aidera à être plus dans le "maintenant" et qui sait dans le "demain"?
En même temps c'est le seul endroit où je me sente en sécurité.
Je ne sais pas quoi faire et rien m'oblige a décider vite, sauf moi quand je me prends la tête comme aujourd'hui. Pfftt!

que votre journée soit la plus douce possible

Adèle


« Dernière édition: 12 Juin 2010 à 13:25:21 par adèle » Journalisée
suzy
Membre Senior
****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 288


Voir le profil
« Répondre #41 le: 12 Juin 2010 à 13:47:30 »

Bonjour Adèle,
Tu dis que ton appart est le seul endroit où tu te sentes en sécurité...Alors, à mon avis, c'est là qu'est la réponse à ta question....
Si tu déménages, cela ne va rien changer à ce que tu vis intérieurement...Cela va t'occuper l'esprit un certain temps, et finalement, tu te rendras vite compte que tes souvenirs, tu les as emportés avec toi...Certaines choses sont indélébiles... Et , dans ton désir de fuite, tu auras même perdu le seul endroit où tu te sentes en sécurité...
Moi, j'ai entrepris certains travaux dans ma maison: je refais deux pièces ( peintures, sols) et une salle de bain.Je suis contente,car les travaux ont commencé; je discute avec les ouvriers, je choisis des peintures, j'ai acheté du parquet, je pense à la future décoration de ces pièces. Cela m'occupe l'esprit; cela donne un peu de renouveau et je me dis que cela sera fait entièrement à mon idée, mais que je ne manque pas, pour autant à la mémoire de mon Jean-Da! Je sais qu'il m'approuve; je le sens...
Je ne pense pas qu'il faille déménager pour pouvoir se reconstruire...Je pense plutôt que la reconstruction passe par une acceptation des faits, puis par un changement dans nos habitudes de vie. Pour moi, mon voyage au Cameroun sera, j'en suis sûre, une étape capitale dans mon chemin du deuil. Je suis sûre que je vais en revenir transformée...je ne sais pas comment, mais je le sais...Et quand je reviendrai, je retrouverai ma maison dans laquelle, pour le moment, j'ai mes points de repère. Peut-être qu'à ce moment-là, je serai tellement différente que je penserai aussi à déménager. Mais ce ne sera sûrement pas pour fuir mes souvenirs, ce sera ( peut-être) parce que j'aurai d'autres ambitions et que j'aurai retrouvé un début de sens à la vie, aussi infime soit-il...
Je ne sais pas si mon message peut t'aider à résoudre ton problème de ce matin, mais je le souhaite...
Je t'embrasse
Suzy
Journalisée
Blandine
Modérateur Global
Membre Complet
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 121


Voir le profil
« Répondre #42 le: 12 Juin 2010 à 17:48:48 »

Bonjour Adèle,

Déménager, ne pas déménager ? Cette question n'est pas encore arrivée aussi clairement dans mon esprit, mais régulièrement depuis quelques mois je passe par ce que tu évoques dans mon ressenti par rapport à l'appartement : parfois je m'y sens bien, comme dans un refuge, parfois c'est beaucoup plus difficile car il est rempli de souvenirs (bons et mauvais car il y a aussi, entre autres, les souvenirs de la maladie).
Tu évoques aussi les pièces où tu rentres par nécessité ; dès le décès de Michel, j'ai tout de suite souhaité refaire une pièce qui était SA pièce (fumoir et ordinateur) car je savais que sinon, je n'arriverai pas à me la ré-approprier. Tout l'appartement est marqué par sa présence mais cette pièce-là ! J'arrive à l'utiliser comme toutes les autres et je suis sûre que j'ai bien fait de la refaire de suite : j'y ai réuni tout ce qui faisait son univers et parfois, elle n'est plus juste une pièce mais je m'y réfugie un peu.
Par contre, j'ai déjà évoqué il y a quelque temps sur ce forum que j'allais faire quelques travaux (peinture) dans mon appartement, ne sachant toujours pas si j'y resterai ou non, mais pour y mettre ma touche (je l'évoque mais comme souvent maintenant, je n'avance pas vite sur ce projet !). De toute façon, c'est très clair pour moi que si finalement ça me devient trop dur de supporter de vivre dans cet appartement, ça sera aussi trop dur pour moi de rester dans le même quartier (voir la même ville ?) car là aussi, les souvenirs sont les mêmes ! Mais comme toi Adèle, je ne souhaite pas fuir, donc c'est beaucoup trop tôt pour une décision. Je viens de progresser aujourd'hui : c'est banal d'aller chez le coiffeur mais pas pour moi car nous allions dans un salon de coiffure de notre quartier où des liens s'étaient créés avec les coiffeuses. Je n'ai réussi à y retourner pour me faire coiffer qu'aujourd'hui (1 an et demi après le décès de Michel, vous pouvez imaginer dans quel état étaient mes cheveux !), mais ça faisait partie de ce que je souhaitais arriver à faire pour ne pas fuir en allant ailleurs (même si les quelque personnes à qui j'en parlais me conseillais d'aller ailleurs). Je persévère donc aussi pour ce quartier et cet appartement que nous avions choisi ensemble. Mais je n'ai vraiment encore pas du tout de tendance forte vers "je reste" ou "je déménage", ce qui semble être différent pour toi, Adèle.
Vu où j'en suis par rapport à ça, je suis encore capable de recul et de réflexion sur ce sujet et je pense que c'est une décision difficile mais pas forcément une fuite de partir, ça dépend comment la décision est prise : ça peut aussi être le besoin de complètement "tourner la page" pour pouvoir prendre ensuite complètement notre vie en main ; bien évidemment que le manque de notre compagnon de vie et le mal-être nous suivront mais je me dis qu'un environnement neutre visuellement et émotionnellement peut être une aide, peut faciliter, peut "symboliser" notre nouvelle vie. C'est peut être nécessaire à un moment quelconque pour certaines d'entre nous ?
Je ne sais vraiment pas où me situer par rapport à cette réflexion, mais ton message m'a permis de poser clairement tout ça sans aucune émotion pour moi. J'espère qu'à défaut de t'aider car je ne sais pas si c'est possible, je ne t'aurai pas embrouillé dans ton obsession.
Bon courage
Blandine
Journalisée
adèle
Administrateur
Membre Complet
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 162


Les champs refleurirent et tout recommença...


Voir le profil
« Répondre #43 le: 12 Juin 2010 à 23:20:23 »

Merci Suzie, Merci Blandine pour vos partages qui m'amènent d'autres pistes de réflexion.
Et qui surtout ont calmé mon obsession. Pour l'instant  Sourire
cette histoire de déménager ou pas c'est un autre niveau des montagnes russes.
je vois que toutes les deux avez fait quelque chose que je n'ai pas fait. Rafraichir les pièces en refaisant les peintures et les sols. Je m'étais contentée de bouger les meubles.
Peut être devrais je commencer par là. refaire la déco, mettre de nouvelles couleurs. ça me parait une première étape plus facile a gérer émotionellement qu'un déménagement qui serait, plus j'y pense plus je le sens, un énorme bouleversement. Et je ne suis pas sure d'avoir la force de le faire.
Il y a des jours où je ne supporte plus d'être ici, où j'ai envie d'exploser les murs et d'autres où je voudrais m'y ensevelir.
C'est comme pour le reste il faut se poser et prendre le temps, savoir que je peux changer d'avis à ce sujet d'une minute à l'autre et l'accepter. ça finira bien par se calmer,et un jour je saurais exactement ce que je dois faire. Enfin j'espère.

Merci à ce forum d'exister, de nous offrir ce lieu paisible d'échanges et de réflexions. je ne sais pas comment je ferais sans vous.

Journalisée
claudel
Néophyte
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 26


Voir le profil
« Répondre #44 le: 13 Juin 2010 à 01:27:36 »

Bonjour à vous toutes,
La question d'un éventuel déménagement se pose pour moi aussi. J'ai fait quelques rénovations à la propriété parce que c'était prévu de les faire avant la maladie de Jean.  Mais je ne suis pas certaine que je me lancerais de nouveau dans un tel projet.
Quant à la propriété, la garder ou pas, je n'ai pas vraiment pris de décision. Le plus facile est d'y demeurer et pour le moment, c'est ici que je me sens le mieux.
Comme tu le dis Adèle, je ne suis pas certaine d'avoir la force de préparer un déménagement. Quel chambardement! Pour l'instant, ça m'arrange de ne rien décider. Par contre, j'en ai marre d'être seule à tout faire, ou trouver quelqu'un pour le faire.  C'est une responsabilité dont je me passerais bien. J'aimerais me voir réinstallée comme par magie, dans un appartement plus petit, sans tout le tra-la-la qui vient avec.
Je ne partirai pas à cause des souvenirs, parce que je sais qu'ils vont me suivre.....Il va toujours y avoir des meubles, objets etc, qui vont me le rappeler.  Le mal-être que je ressens,  je pense, ne vient pas de ce qui m'entoure.  C'est beaucoup plus profond, c'est lié à l'absence tout simplement.  Il me manque, il me manque comme une partie de moi-même.  Je ne sais plus trop qui je suis, je ne sais plus où va ma vie.  Les plaisirs sont éphémères et je ressens une grande lassitude face à la vie.  Je me demande même si je ne devrais pas prendre des médicaments pour sortir de cet état parfois de torpeur.  Je me suis toujours refusée à prendre des médicaments parce que je me dis que le jour où je cesserai, je me retrouverai au même point que maintenant....je ne sais plus.  Je suis fatiguée d'être dans cet état qui me rend incapable de profiter vraiment de la vie.
Comme toi Adèle, je ne sais pas ce que je ferais sans vous.  C'est une chance inouie que vous soyez sur ce forum.Merci et merci encore.
Je vous aime toutes.
Claudel
Journalisée
Pages: 1 2 [3] 4 5 Haut de page Imprimer 
« sujet précédent | | sujet suivant »
Aller à:  


Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Powered by SMF 1.1.11 | SMF © 2006-2009, Simple Machines LLC