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Auteur Fil de discussion: Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...  (Lu 4107 fois)
Mammj
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« le: 11 Décembre 2011 à 10:38:18 »

Bonjour à Toutes et tous,
Oui la souffrance on peut la dépasser comme on peut y rester.....
Ma fille y est restée  en l'espace de quelques mois, elle avait honte de parler des bouleversements qu'elle subissait dans sa vie,
se croyant à même de tout régler seule  ; c'est ainsi qu'elle n'a pu se relever, que son horizon s'est peu à peu bouché....
Nous n'avons rien vu venir, sa dépression sévère n'ayant été  ni diagnostiquée ni soignée comme il aurait fallu
L'entourage, moi sa mère, n'avons rien compris, n'avons rien vu alors que les 3/4 des "suicidants" laisseraient des signes précurseurs ! Quand il s'agit de nos proches, ne les voyons-nous pas plus forts qu'ils ne sont en réalité ?

"Moi aussi je hurle ton prénom,  te demande pardon depuis cinq mois, seule et pétrifiée  sans toi.... mon précieux but !
Je voudrais revenir en arrière, refaire un autre programme avec toi, t'aider  autrement à retrouver la force de
remonter la pente.... Je t'aime tant ma Chérie, je n'ai pas su te dire tout cela au moment où tu en avais le plus besoin,
dans ta profonde détresse ".

Hier, je n'ai pas pu rester longtemps à JouetClub où j'étais avec elle l'an dernier, pour les cadeaux de ses enfants.
C'est comme si c'était hier..
Sa souffrance de son dernier week end -- pas comprise donc pas vue --  me déchirera longtemps, longtemps !..
Elle si pétillante quand elle était bien dans sa vie
La vie m'a repris, a repris à ses enfants, notre  plus beau cadeau, ma  Cath et leur maman !
Ses enfants accaparés par leur père et la famille de celui-ci, pour le moment.....

Chaleureusement à tous.
« Dernière édition: 04 Mai 2012 à 19:06:48 par Mammj » Journalisée
soprano
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« Répondre #1 le: 11 Décembre 2011 à 23:50:35 »

BONSOIR MAMMJ ET TOUS ICI
OUI TU AS RAISON NOUS DEVRIONS NOUS AUSSI ETRE HEUREUX ET BEN NON NOUS AVONS ETES CHOISI POUR SUBIR CETTE EPREUVE DU SUICIDE OU DE LA PERTE D'UN ETRE CHER ,AIME ET TOUT NOUS BOULEVERSE .
LA VIE N'A PLUS LE MEME SENS SI TOUTEFOIS ELLE EN A UN MAIS COMME NOUS SOMMES VIVANTS GARDONS ESPOIR QU 'UN JOUR NOUS POURRONS REGARDER AUTREMENT CAR NOUS AIMONS ENCORE TU AS DES PETITS ENFANTS  ACCROCHE TOI A ELLES CAR ILS ONT BESOIN DE TA TENDRESSE
MALGRE TOUT CE QUE NOUS AURIONS VOULU ,NOUS NE REFERONS PAS MARCHE ARRIERE ET CROIS MOI JE PLEURE EN T'ECRIVANT CES MOTS CAR NOUS SEULES ET SEULS CONNAISSONS CETTE DOULEUR ET CETTE REVOLTE FACE A TANT D'INJUSTICE DE LA VIE .
BIEN CHALEUREUSEMENT
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Mammj
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« Répondre #2 le: 12 Décembre 2011 à 10:10:55 »

Bonjour Soprano, à Toutes et Tous sur ce forum,
Je lis, à petites doses, le livre de Christophe Fauré "Après le suicide d'un proche" ! J'ai compris que pour ma part
j'en suis encore au stress post traumatique... Et mes recherches sur le "pourquoi" aideraient à ne pas sombrer
après toutes les démarches des obsèques et de choses autres à régler, ma fille était divorcée depuis quelques
mois ce qui fait que toutes ces questions m'incombaient !
Après sa sortie d'hôpital, elle est venue vivre un mois chez moi et je me rends compte, justement à force de chercher,
que je ne savais même de quel mal elle souffrait... Je pense qu'elle ne le savait pas elle-même.
Laissée dans l'ignorance même de ce qu'il fallait faire ou dire, seule avec elle j'étais démunie. D'après mes lectures
sur ces divers types de dépressions, les médecins eux-mêmes ne savent pas toujours les déceler ! Même pas avertie
sur les risques suicidaires auxquels elle était exposée et pourtant les professionnels de santé devraient prévenir !
C'est très dur de découvrir tout cela trop tard !
Je ne dis pas que l'on peut tout empêcher  mais on peut mieux comprendre et surtout mieux accompagner quand
on est informés.... ne serait-ce que sur l'attitude à adopter avec le proche souffrant d'un état dépressif sévère ou pas !
L'épreuve du deuil est donc plus difficile en ce sens qu'il y a une forte culpabilité, que parfois un tel passage à l'acte
divise la famille à cause des reproches que l'on peut se faire aux uns et aux autres.....
Quant à mes petits-enfants, pour le moment leur père ne favorise aucune rencontre, c'est à moi de demander de les
voir et rien de sûr ! Cela ajoute à ma douleur et génère encore plus de fatigue....
Moi aussi je pleure... d'autant qu'hier j'ai refait le chemin que j'avais fait avec elle pour aller voir son fils,  ce soir-là qui
lui a été  fatal.... Je l'attendais le lendemain pour des achats pour sa petite maison et je ne l'ai plus revue !
Je ne pourrai plus serrer fort ma grande fille sur mon coeur.... Je ne comprends toujours pas....
Que la force soit avec nous Toutes et Tous, très chaleureusement.  Mammj
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Mammj
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« Répondre #3 le: 16 Décembre 2011 à 10:22:17 »


Hier, ma Chérie, je suis allée déposer sur ta tombe deux petits anges tenant un coeur plus
gros qu'eux..... qui  symbolisent tes enfants et toi et quelques fleurs....
Puis j'ai eu la chance de voir ta petite pour lui remettre les cadeaux de Noël pour elle et son frère....
Elle m'a donné une carte avec  sa photo et un tout petit cadeau, un furtif moment de bonheur pour moi !
Elle est jolie tu sais, elle a ta bouche et tes yeux et est pétillante comme tu savais l'être toi aussi
quand tout allait bien pour toi !
Ton grand s'éclipse, je le comprends, c'est lui qui t'a trouvée.... trop tard....
Si je ne peux le voir avant son  départ en montagne je lui téléphonerai... pour lui pour toi pour nous...
Voilà ma Chérie, nous n'étions pas toujours ensemble pour les fêtes car tu partais souvent à cette
occasion avec ta "petite famille" mais j'avais la joie de te  voir avant ou après et surtout de t'entendre !
Tu nous manques ma Cath, mais c'est au corps médical que j'en veux et à l'entourage qui s'est laissé
influencer par un diagnostic erroné... à ton ex-conjoint qui a été très dur avec toi, bien que tes enfants
aient plus que jamais besoin de lui aujourd'hui...
Tu avais besoin de compréhension, de soutien, d'affection, d'amour... Je n'ai pas vu ta profonde détresse...
pardonne-moi mon trésor, tu nous manques... Dans ta dépression sévère, tu te débattais sans nous
dire ton extrême souffrance... tu avais besoin de savoir que tu étais précieuse pour nous, tu l'étais et
l'es toujours;... Pardonne-nous, pardonne moi,  toi mon unique enfant.....
je t'aime !  Maman
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TETE DE BOIS
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« Répondre #4 le: 16 Décembre 2011 à 11:30:32 »

Mammj,
C'est une très belle lettre d'amour que vous avez écrite ici à Cath .Je suis sûre qu'elle savait que vous l'aimiez ;parfois on a pas besoin de bcp de mots pour le savoir .Mais parfois aussi le désespoir submerge tant l'être humain qu'il ne peut plus en tenir compte ,seul le désespoir envahit .Ne vous culpabilisez pas Mammj .Votre cri d'amour n'est pas né d'aujourd'hui ,vous l'aimiez ;elle le savait .
Bon courage dans votre cheminement ,apprenez à vous pardonner (selon vos termes) ,vous n'avez pas commis de faute .Personne n'a mesuré sa détresse ,mais peut-on mesurer le désespoir intérieur ?
Armelle
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Mammj
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« Répondre #5 le: 19 Décembre 2011 à 19:26:07 »

Bonsoir et merci TETE DE BOIS, je suis au plus mal ce soir... Soit je suis anesthésiée sous l'effet
d’anxiolytiques, soit je suis déchirée et en sanglots....
Personne ne croyait ma fi-fille... dans sa dépression... C'est grave de se laisser influencer par le
discours ambiant : "tu la couves trop elle ne retrouvera pas comme ça son autonomie" - alors
qu'elle avait vécu 22 ans avec sa "petite famille" et que nous étions à distance tout ce temps l'une
de l'autre ! Elle n'avait plus besoin de moi...
Elle était revenue vers moi dans une période de grande difficulté, après un divorce difficile,  je voulais
l'aider à remonter la pente.... ce que j'ai cru faire pendant quelques mois !
Et ce jour-là, alors qu'elle me demandait de rester avec elle et son fils, j'ai cru bon de la laisser
avec son ado. Je l'ai accompagnée puis  suis partie, ce qu'il n'aurait pas fallu maintenant que j'ai appris
-après son décès- sa dépression "majeure" (une des plus méchantes).... Dans cet état, il ne faut pas
laisser la personne concernée seule  !
Elle avait la vie devant soi, la mienne est faite et de ce fait, encore une fois,  je me demande ce que je fais là !
Je comprends la souffrance qui a dû être la sienne, quand je vois la mienne aujourd'hui...
Comment supporter que son unique enfant ait ainsi souffert, que son enfant n'ait pu être compris ni être aidé
comme il se devait ?
Voilà je vous ai dit ce qui me ronge et me rongera jusqu'au bout du bout !
Très chaleureusement.   Mammj


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Mammj
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« Répondre #6 le: 20 Décembre 2011 à 19:16:10 »


Pas grand monde sur ce forum !
Tant mieux si l'ambiance des festivités en réchauffe  quelques-uns, ne serait-ce que pour les enfants
dont c'est la fête....
Ma petite fille ne pensait qu'à Noël la dernière fois que je l'ai vue... Sa Maman aurait été tellement heureuse
de la voir ainsi, c'est ce qu'elle aurait souhaité ... Quant à son ado... beaucoup plus réservé !
Comment se passeront ces fêtes pour eux cette année ?
Peut-être leur père programmera-t-il durant leurs  vacances un moment où je pourrai leur faire un coucou ?
En dehors de cela, j'ai décidé de rester chez moi avec ma fille bienaimée....
Très déçue de   la famille...  j'espérais qu'ils nous auraient aidées ma fille et moi car les dépressifs sont  fatigants ;
au lieu de cela je n'ai eu que des critiques négatives ! Ils ont été présents le temps des obsèques,
mieux que rien me direz-vous !
Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui mes sentiments sont ambivalents, j'ai une affection de longue date pour eux
et d'un autre côté je leur en veux ! Il ne disent rien mais en sont conscients....
Pour ce qui la concerne, ma Cath n'attendait rien d'eux, elle ne s'était pas trompée....
Mais, elle aurait dû me parler davantage de ses craintes, de ses difficultés, de ses attentes.....
Que de regrets, que de larmes, que de nuits blanches à tenter de revenir en arrière...
Comment survivre à sa souffrance ? je ne vois pas... je ne sais plus !
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Yohann
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« Répondre #7 le: 20 Décembre 2011 à 19:41:57 »

Mammj

Oui, le Forum semble bien vide en ce moment de fêtes où pourtant la douleur se fait plus présente.

Et l'approche des fêtes crée au contraire un silence, là où on ne l'attendait pas.
Faute des vacances scolaires, sans doute.

Comme toi, ces jours qui vont venir vont être longs, même si je les aborde avec confiance, mais pas sans douleur.
Cette sensation de devoir les vivre un peu comme isolé au milieu de la famille, une famille qui semble avoir oublié notre deuil.

Cette famille qui devrait être présente et un soutien est pour moi aussi bien absente.
Pas un mot, pas une écoute qui ne se traduise par un silence.
Et pourtant, je leur ai demandé l'explication de leur silence.
Et je croyais que cela changerait un peu leur position.
Je me suis trompé; plus rien; pas d'écho; pas un mot.

Noël avec eux ?

J'ai la terrible sensation qu'ils attendent de moi que je ferme ma gu... et que je ne parle surtout pas de mon épouse.
Pas gâcher leur fête, quand même !  Triste

Je sais, Mammj, que nous ne sommes pas en deuil pour les mêmes causes tous les deux, mais un deuil est-il vraiment unitaire et personnel ?

Mes enfants ont perdu leur maman.
Ma mère a perdu un peu sa fille.
Moi, j'ai perdu la moitié de moi-même et encore, la moitié restante ne vit plus, elle survit !

L'approche des fêtes dans ces conditions ravive la douleur : être entouré, en famille, et pourtant, se sentir très seul, comme isolé.

J'hésite sur ma conduite à tenir.

- faire la 5eme roue du carrosse et me taire;
- me révolter de ce silence et parler à tout rompre de mon épouse, pour montrer que son absence est toute récente et que, peut-être, il en est certains qui peuvent se sentir impliqués.

Mammj, je nous souhaite la volonté d'exister malgré tout !

 Bisou


Yohann

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manoso
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« Répondre #8 le: 20 Décembre 2011 à 20:50:20 »

bonsoir Mammj et Yohann,
et oui, cette période de fêtes pour les uns est si douloureuse pour d'autres...
Je m'associe à votre douleur Mammj suite à la perte de votre fille dans de telles conditions.
Je viens de perdre mes deux parents récemment suite à un cancer et cette période de Noël est particulièrement difficile.
Si vos familles respectives ne sont pas à votre écoute, peut être pouvez vous trouver du réconfort auprès d'amis ?
Certains ne savent pas comment réagir face à la mort : des personnes m'ont dit "vous savez, je ne suis pas à l'aise dans ces circonstances", ça m'a aidé à comprendre la maladresse ou l'absence de réaction de certains "proches".
J'ai la chance d'être en phase avec mon frère et sa famille : nous avons donc organisé un Noël en coupant avec les traditions, pour marquer Noël par rapport aux enfants mais pour ne pas nous faire violence inutilement. C'est la moins mauvaise solution que nous ayions trouvé pour traverser cette période où le manque se fait tant ressentir.
Bon courage à vous
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Mammj
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« Répondre #9 le: 20 Décembre 2011 à 21:44:53 »


Bonsoir Yohann et Manoso...
 
Vos encouragements sont sincèrement  les bienvenus....
Qui sait comment vous réagirez Yohann le jour où vous vous retrouverez avec les vôtres ?
Pourquoi faudrait-il occulter celles et ceux qui nous ont à peine quittés... Ne serait-ce  pas les
perdre une seconde fois ?

Moi aussi je dérange avec mon malheur, mais surtout la souffrance de ma fille que personne n'a
comprise... Qui peut comprendre les symptômes d'une dépression" majeure" appelée aussi...
"mélancolique". Elle lui est tombée dessus sans crier gare en l'espace de quelques semaines.
Ma Cath, vivait une séparation après 22 ans de vie de couple !
 
Elle avait idéalisé son couple et sa famille et  si d'un côté  elle semblait rebondir,  de l'autre elle
perdait son équilibre à force de lutter.
Voilà une forme de deuil qui ne se réalisait pas et qui est devenu pathologique au point d'en mourir
parce qu'elle n'a pas exprimé sa douleur, parce que le discours ambiant était : "d'autres s'en sortent
pourquoi pas toi" "tu n'es pas la première à vivre cette situation" etc... etc...
Elle s'est donc dévalorisée, ne croyait plus en elle, elle, pleine de ressources pourtant,  s'est sentie
un fardeau pour ses enfants, la famille et un soir,  où elle s'est trouvée seule dans son  ex-maison maison
familiale, elle a mis un terme à sa torture....

Aujourd'hui, la plupart des personnes de  son entourage ne comprennent toujours rien.... Alors avec doigté
 il me faut leur clouer le bec !
Et je fais mienne cette phrase de Guéhenno : La trahison est de suivre le monde comme il va et d'employer
l'esprit à le justifier" !
Je ne tiens debout que pour voir de temps à autre ses deux petits et défendre leur jolie et tendre  Maman.

Voilà mes amis du forum, que la force ne nous fasse pas défaut dans notre douleur sans nom, en particulier
en cette période de réunions familiales et de festivités.  Mammj

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Mammj
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« Répondre #10 le: 21 Décembre 2011 à 10:51:25 »


Bonjour Anjelik. Ca fait du bien de dire ce qui ne va pas, même si parfois la force ou l'envie
nous en  manquent !

En fait je me prépare à rester seule pour cette fin d'année, pas seule puis je sentirai
la présence de ma fille à mes côtés ! Mes petits-enfants seront dans leur famille paternelle,
ils sont mineurs donc sous la tutelle du père ! Quant à ma famille, elle a enfin compris mon
extrême douleur et souhait de ne participer à rien cette année !

Non seulement il y a la perte brutale de notre enfant mais il y a toutes les questions restées
en suspens auxquelles nous sommes  encore confronté(e)s, vous avez raison de le dire.

Le plus dur actuellement pour moi est d' obtenir un "rendez-vous" (par sms) avec mon ex-gendre
(responsable en grande partie de la dépression de ma fille) puis de me rendre à sa  petite
maison de village que nous avons aménagée ensemble et où elle devait s'installer,
de frapper à la porte et d'attendre -dehors- que les enfants sortent !!!
La maison de ma fille où vivent depuis la rentrée le père et les deux enfants ! Parce que l'ainé
ne veut plus rester dans leur maison familiale... où il a trouvé sa Maman morte !

Un bien au final  que les enfants soient chez leur Maman toutefois  pour moi c'est le déchirement
non seulement de ne pas y voir ma fille mais d'y" savoir" (puisqu'il ne se montre pas ) son ex-conjoint...
J'essaie de ne penser qu'aux enfants qui ont besoin de leur père bien que ce ne  ce soit  pas facile du tout
une telle situation.
Pas simple, j'imagine , pour les enfants non plus, ma non-relation avec leur père (que je ne voyais plus
depuis leur séparation puis divorce, à part le jour des obsèques de la mère de ses enfants).

Voilà ce qu'il me faut faire   pour essayer de garder le lien entre mon unique enfant et ses petits  !!!!
Depuis cinq mois.... je suis en larmes, en sanglots, ou alors anesthésiée par quelque anxiolytique que
je suis obligée de prendre pour tenir !

De ma Cath, il me reste des photos,  quelques livres,  quelques petits bijoux fantaisie qu'elle a portés
et que j'embrasse pour trouver la force , une robe de chambre que j'étreins presque chaque jour contre
mon coeur.... le reste étant chez elle !

Comment aujourd'hui, après tous ces événements qui ont viré au tragique,  trouver ne serait-ce qu'un
 "léger" apaisement ? Ca me semble impossible...

Chaleureuses pensées à Toutes et Tous.  Mammj



 
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TETE DE BOIS
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« Répondre #11 le: 21 Décembre 2011 à 11:37:02 »

Bonjour à tous ,
Je voulais répondre à Mammj dont j'ai lu le message où elle déposait sa souffrance ,ce qui la ronge comme elle l'écrit ,et j'ai voulu prendre le temps d'y réfléchir pour trouver quelques mots apaisants ;d'autres messages sont venus s'intercaller et c'est super !Bonjour à tous !Effectivement les fêtes sont des moments difficiles lorsqu'on souffre ;ils appuient sur la notion de solitude face à nos propres douleurs .Tous vos messages me touchent parce que j'ai connu ces moments de douleur et de solitude et je sais combien cela peut faire mal .Je suis une maman comblée avec 4 petits bouts mais je suis aussi la soeur d'une superbe fille que j'ai profondément aimée et qui par le souvenir que j'évoque vit encore malgré tout .Aussi ,je vous propose ,pour ceux qui seront seuls le jour de Noêl ,de venir vers 16 heures sur le forum pour parler de nos êtres qui sont partis trop tôt mais qui continuent à vivre dans nos coeurs et dans l'évocation de nos souvenirs .Est-ce que ce rendez-vous est acceptable pour certains ?Ce serait une façon de n'être pas seuls dans la détresse et de partager ce moment avec nos disparus aussi .Ce n'est qu'une simple proposition qui peut tout à fait être refusée .
Mammj ,ne vous culpabilisez pas d'avoir laissé votre Cath ,ce terrible jour .Vous aimiez votre fille ;elle s'est rapprochée de vous dans ses difficultés et vous avez essayé de la soutenir au maximum j'imagine .Mais le désespoir est une spirale infernale dont on s'enferme facilement .Votre fille vous a demandé de rester avec elle et vous avez voulu ,en votre âme et conscience ,l'accompagner puis la laisser dans l'intimité avec son ado parce que vous pensiez que c'était mieux pour elle .Ce n'est pas parce que vous l'avez laissé qu'elle s'est suicidée ,je doute qu'elle se soit sentie abandonnée par vous avec  ce que vous relatez de votre relation .Elle a été hapée  par un élan de détresse  qu'elle n'a pu gérer à ce moment-là .Chère Mammj ,vous étiez une maman attentionnée et vous êtes une grand-mère attentionnée aussi ;vous ne pouvez faire mieux .Vos petits-enfants le reconnaitront un jour ou l'autre ;vous avez aussi des droits de visite en tant que grand-mère .Je sais que ce n'est pas agréable d'en arriver à une telle procédure mais si c'est la seule manière de voir les enfants de votre fille et d'ainsi continuer le lien ,pourquoi pas ?Vous en avez besoin et vos petits -enfants ont besoin d'entendre ,peut-être,de jolies choses sur leur maman .Ainsi votre Cath existera encore .Je vous fait confiance pour garder ce lien ,pour vous ,eux et votre fille .Mammj ,je n'ai pas une maman aussi attentionnée que vous ;je vous souhaite de recevoir de la chaleur ,dans ce site ou ailleurs , pour trouver l'apaisement que vous méritez .Je vous serre dans mes bras ,si vous l'acceptez .
Armelle
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Mélie
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« Répondre #12 le: 21 Décembre 2011 à 11:52:41 »

Je suis fort émue de votre témoignage et je vois votre souffrance si vive, je la comprend oh combien puisque mon fils est décédé dans des circonstances identiques, mais pour des raisons différentes, je fais des rapprochements avec l'attitude de la belle famille et d'un beau père avec des propos les plus délétères possible sachant mon fils en dépression  et qui fut en partie révélée par une première tentative qui était plutôt un appel à l'aide.
Nous mêmes sommes parfois si démunis face à la souffrance de nos proches, nous ne voyons pas, nous ne savons pas,  nous ne croyons pas possible que notre enfant bien qu'ayant des enfants lui -même se donne la mort, mon fils avait deux enfants à l'époque du drame de  21 mois et 4 ans. il allait sur ses 29 ans....il y a 15 mois.
l'entourage familiale choisit souvent le silence par peur de maladresse, et maladresses il y en a eu effectivement....
parfois moi aussi je suis en colère après eux, mais dans le même temps je me dis qu'aurais tu fait à leur place, difficile à dire....
nous sommes à présent "d'une autre planète qu'eux" en quelque sorte ....
nous nous raccrochons à tout ce qui peut nous apaiser, nos petits enfants, nos enfants....
vous faites vous aider ailleurs que dans votre famille ?
je vous adresse mes plus sincères pensées de paix de sérénité, oui soyez en communion avec votre fille, mais sachez qu'elle souhaite plus que tout que vous sortiez du gouffre de votre chagrin.( Enfin c'est une conviction personnelle j'en conviens)
tout ne se fera pas d'un coup, moi aussi je traverse des passages à vide.
Bon courage !
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Mammj
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« Répondre #13 le: 21 Décembre 2011 à 15:05:38 »


Merci TETE DE BOIS et Mélie de vos paroles réconfortantes.... de ce partage.

En fin de compte, il nous faut  rester  humbles on ne peut trop attendre des autres, sinon un peu de compréhension
même quand on n'a pas les mots .... c'est déjà beaucoup !
J'essaie  de parvenir à accepter  de n'avoir pas pu tout deviner, de ne pas avoir su  parfois comment agir --les derniers
temps surtout à cause d'une fatigue qui s'installait-- de ne pas  avoir pu évité certaines choses qui prenaient vite de
l'importance vu l'hypersensibilité de ma fille.

Oui on est très démunis à plus forte raison quand le  le corps médical ne maitrise pas ;, je prends conscience,
après la mort de ma fille,  que dans les dépressions graves, personne ne se bouge vraiment...
Elle a pourtant été suivie, mais son mal -- maintenant que je revisite les mois et les semaines qui ont précédé
son passage à l'acte --  personne ne l'a pris au sérieux, ni ne nous a dit comment nous comporter avec elle.
Plus que jamais je  suis consciente que nous avons souvent agi à contre-courant, ce qui a dû ajouter à sa détresse,
elle est descendue au fond et n'en est plus remontée !

Et après le drame, certaines de ses amies m'ont appelée pour me dire : "on a voulu l'aider" "elle fuyait" "elle s'enfermait
dans un mutisme" ; impossible de leur faire entendre que ce n'était pas un choix délibéré mais que
c'étaient là  tous les symptômes de sa maladie ?
Une façon de s'exonérer de l'avoir laissée tomber ?  Je veux bien avoir de l'indulgence mais ce serait tellement  mieux
de ne rien entendre de tout cela...

Il me faudra du temps avant de venir à bout du plus fort de ma culpabilité, j'ai calé vers la fin, après l'avoir aidée et
accompagnée pendant de longs mois... J'ai été influencée par certains médecins qui semblaient dire que c'était une
question de volonté... J'ai voulu les revoir tous et ils tiennent un autre discours aujourdhui trop tard :  "un échec total" !

Ma douleur je l'ai extériorisée  dans des groupes de paroles, à l'écoute en ligne également quand il y a urgence,
et je vais chez une psy une fois par semaine...
Cath n'a pas suffisamment fait retentir son appel au secours, elle s'est résignée pensant qu'on ne croyait pas qu'elle
était malade, pas faux pour son entourage ! Je le regretterai longtemps, il me semble l'avoir quittée hier et sa dernière
journée continue à m'arracher de l'intérieur et me torturer... Il faudra du temps...

C'est une bonne idée pour le 25 à 16 h. Si toutefois j'étais sortie, je remettrai un petit mot dans la soirée....
Affectueusement et  force et apaisement à toutes deux.  Mammj

Journalisée
Mélie
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« Répondre #14 le: 21 Décembre 2011 à 16:50:29 »


Merci TETE DE BOIS et Mélie de vos paroles réconfortantes.... de ce partage.

En fin de compte, il nous faut  rester  humbles on ne peut trop attendre des autres, sinon un peu de compréhension
même quand on n'a pas les mots .... c'est déjà beaucoup !
J'essaie  de parvenir à accepter  de n'avoir pas pu tout deviner, de ne pas avoir su  parfois comment agir --les derniers
temps surtout à cause d'une fatigue qui s'installait-- de ne pas  avoir pu évité certaines choses qui prenaient vite de
l'importance vu l'hypersensibilité de ma fille.

Oui on est très démunis à plus forte raison quand le  le corps médical ne maitrise pas ;, je prends conscience,
après la mort de ma fille,  que dans les dépressions graves, personne ne se bouge vraiment...
Elle a pourtant été suivie, mais son mal -- maintenant que je revisite les mois et les semaines qui ont précédé
son passage à l'acte --  personne ne l'a pris au sérieux, ni ne nous a dit comment nous comporter avec elle.
Plus que jamais je  suis consciente que nous avons souvent agi à contre-courant, ce qui a dû ajouter à sa détresse,
elle est descendue au fond et n'en est plus remontée !

Et après le drame, certaines de ses amies m'ont appelée pour me dire : "on a voulu l'aider" "elle fuyait" "elle s'enfermait
dans un mutisme" ; impossible de leur faire entendre que ce n'était pas un choix délibéré mais que
c'étaient là  tous les symptômes de sa maladie ?
Une façon de s'exonérer de l'avoir laissée tomber ?  Je veux bien avoir de l'indulgence mais ce serait tellement  mieux
de ne rien entendre de tout cela...

Il me faudra du temps avant de venir à bout du plus fort de ma culpabilité, j'ai calé vers la fin, après l'avoir aidée et
accompagnée pendant de longs mois... J'ai été influencée par certains médecins qui semblaient dire que c'était une
question de volonté... J'ai voulu les revoir tous et ils tiennent un autre discours aujourdhui trop tard :  "un échec total" !

Ma douleur je l'ai extériorisée  dans des groupes de paroles, à l'écoute en ligne également quand il y a urgence,
et je vais chez une psy une fois par semaine...
Cath n'a pas suffisamment fait retentir son appel au secours, elle s'est résignée pensant qu'on ne croyait pas qu'elle
était malade, pas faux pour son entourage ! Je le regretterai longtemps, il me semble l'avoir quittée hier et sa dernière
journée continue à m'arracher de l'intérieur et me torturer... Il faudra du temps...

C'est une bonne idée pour le 25 à 16 h. Si toutefois j'étais sortie, je remettrai un petit mot dans la soirée....
Affectueusement et  force et apaisement à toutes deux.  Mammj


oui il nous faudra du temps pour accepter, certes peut-être notre défaillance, mais nous ne pouvons pas maîtriser tout, ce qui importe c'est de se dire : même si j'ai fait des erreurs je ne l'ai pas fait sciemment.
pour ce qui est des psy, je pense que peu sont réellement formés à la dépression avec tous les risques que cela comporte. Pour mon fils qui voulait tant se faire aider, les trois psychiatres qu'il a vu, mon fils restait déçu du peu de temps qu'on lui accordait, après un bref entretien, ils se contentaient de lui donner des anti- dépresseurs avec des anxiolytiques, avec un manque flagrant d'explications sur le pourquoi exemple : "quand je dis que je vais mieux, il m'augmente mon traitement, c'est n'importe quoi"
et quant au suivi, à l'accompagnement de la famille ça n'existe pas,  une famille reste seule, comme sa compagne qui l'a soutenu comme elle a pu, mais certainement en faisant des erreurs qui peut comprendre une dépression, le fonctionnement psychique d'un dépressif,  on ne sait qu'après et c'est trop tard !!!
les médecins peuvent même dire des choses invraisemblables, lors de sa première tentative qui n'était en fait qu'un appel à l'aide, le médecin urgentiste l'a même traité de "maître chanteur", c'est dire l'ignorance et la bêtise, la deuxième fois il a choisi l’irréversible, au moins on ne lui dirait plus qu'il exagérait....
j'espère que vous aurez du temps à partager avec vos petits enfants, tenez bon !!!! et n'acceptez pas que la belle famille vous ôte ce soutien.

 
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