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18 Mai 2012 à 06:31:47
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Auteur Fil de discussion: Humeur du jour  (Lu 3427 fois)
koala
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« Répondre #45 le: 31 Janvier 2012 à 04:36:25 »

ooooh que d'émotion en te lisant sofyoan! Je me revoyais le 27 octobre au matin!

Mon conjoint est décédé dans son sommeil aussi! J'ai constater qu'il ne respirait plus quand je suis revenu pour m'habillier. C'étais sa journée de congé!  Quand je lis que tu étais enceinte.... je me suis telllement dit une chance que j'étais pas enceinte de notre 4e qu'on aurait voulu avoir! Mes enfants ont 5, 3 et 13 mois! Moi non plus je n'ai pas de cause de décès et cela fait 3 mois ! Ici au Québec, le rapport peut prendre de 9 mois a 1 an !

Meme si tes parents sont loin, j'espere que leur téléphone ne les pas ! Je t'envoye tout les bonnes ondes. Avec le temps, nos enfants nous donnes de l'énergie ! Je te souhaite que la paparesse de la succession se passe bien! Je sais que c'est tres long... j'en sort tout juste... il reste le notaire a voir cette semaine pour les papiers de la maison ! Et bien sur l'assurance-vie.... chez moi... pas de cause de décès pas de paiement de prime d'assurance-vie! Par contre, j'ai bcp de rente alors je m'en sort! Mais c'est un gros stress financier au début !

N'hésite pas à nous écrire... tu trouveras toujours quelqu'un pour te répondre un petit quelque chose ! Prends soin de toi et ton fils!
Je t'embrasse
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sofyoan
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« Répondre #46 le: 31 Janvier 2012 à 11:37:17 »

je m'interroge beaucoup, le medecin legiste a dit que cela peut prendre encore 2 mois. Mais le pire c'est que comme on n'etait pas mariés alors rien ne les oblige a me communiquer les resultats!!! mais il est d'accord de me le dire de maniere non officielle  si je le rappelle dans un certain temps....
Yoann avait 36 ans, etait en parfait etat de santé, nous etions plein de projets, nous nageions dans le bonheur, on aurait feté les 2 ans de notre fils en allant aux marchés de noel, le programme de la journée etait etabli.... son image de lui figé dans notre lit est gravée en moi, quand je pense a lui c'est la premiere qui me revient, elle ne me terrorise pas mais je me dis juste que c'est pas la plus belle image qu'il me reste....

je me demande: a t il realisé qu'il s'en allait?, pourquoi n'a t il pas esquissé un geste pour me dire qu'il se sentait mal? est ce que j'aurai pu quelquechose? Pourquoi, pourquoi, pourquoi?HuhHuhHuh??

je m'interroge aussi, ma peine serait elle differente si il avait été malade? j'imagine que non, le resultat est le meme, la douleur ne se quantifie pas....ça fait terriblement mal c'est tout...j'imagine qu'on est jamais pret, mais nous on y avait jamais pensé que ça puisse arriver, c'est d'une telle violence, c'est comme une amputation a vif....on me l'a arracher et je ne le l'aurai plus jamais, il ne me prendra plus dans c'est bras, il ne m'embrassera plus JAMAIS

je souffre

sofi
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Yohann
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« Répondre #47 le: 31 Janvier 2012 à 12:50:42 »

Sofi

Je souffre avec toi en lisant ton récit.

Ces premières périodes qui suivent un évènement aussi terrible sont dures à vivre.
Se réveiller auprès de son compagnon qui a cessé de vivre; je frissonne en y pensant.
A la douleur, s'ajoute la solitude aggravée dans ton cas par l'éloignement de ta famille.

Et ces questions qui fusent en nous, Pourquoi ? Aurai-je pu faire quelque chose ? Qu'a-t-il ressenti ?

A ces question, s'il était conscient du moins partiellement, il a eu un appui important dans ce passage, ta présence auprès de lui à ce moment, ou peut-être est-il parti sans s'en rendre compte, sans souffrir.

Tu as raison quand tu dis que, malade ou pas, on n'est pas préparés et la douleur est intense.

Monique est morte en 13 jours; je savais cette fin inéluctable et pourtant je ne lui ai rien dit.
J'ai eu 13 jours pour me préparer; en fait c'est faux, jamais je n'ai pu me préparer, à admettre.

Et sa mort 2 mn avant mon retour à la clinique m'a "tué" sur place; heureusement que ma fille était là avec elle; nous avons pu pleurer ensemble et nous soutenir.
Et cette image est encore graver en moi !

Alors, sur ce point, rassure toi; ta peine est celle de la disparition de celui que tu aimais; rien ne peut la changer.
Seul le processus de deuil qui se met doucement en place va te permettre progressivement d'avancer.

Ton enfant doit être un objectif et un soutien pour toi.

Viens parler ici quand tu le souhaites; tu es éloignée de tout; il faut à tout prix que tu exprimes tes ressentis.

Je t'embrasse


Yohann
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« Répondre #48 le: 31 Janvier 2012 à 13:04:57 »

je m'interroge beaucoup, le medecin legiste a dit que cela peut prendre encore 2 mois. Mais le pire c'est que comme on n'etait pas mariés alors rien ne les oblige a me communiquer les resultats!!! mais il est d'accord de me le dire de maniere non officielle  si je le rappelle dans un certain temps....

Sofi, c'est une épreuve terrible que tu as vécue et que tu vis encore.
Certes, il est important de savoir pourquoi son coeur s'est arrêté de battre, mais ce départ, la main dans la tienne, ou presque, dans son sommeil, sans cri, sans appel, c'est un départ "serein" pour lui. 
36 ans, c'est tellement jeune!

Pas mariés, pas pacsés. La loi française reste primitive sur le sujet et cela devrait nous inciter tous à officialiser nos unions d'une manière ou d'une autre, car quand le drame arrive, vient s'ajouter la merveilleuse administration des droits et des non-droits


je me demande: a t il realisé qu'il s'en allait?, pourquoi n'a t il pas esquissé un geste pour me dire qu'il se sentait mal? est ce que j'aurai pu quelquechose? Pourquoi, pourquoi, pourquoi?HuhHuhHuh??


Pour toi, cela a du être épouvantable et en même temps, tu dis que vous n'y aviez jamais pensé, votre vie n'était pas "polluée" par l'idée de la maladie, de la dégradation physique, de la douleur, du temps qui court, compte à rebours et course poursuite contre la mort. Cela me minimise pas ton chagrin, loin de là, mais au moins peux tu te dire qu'il n'a surement pas souffert, et que tu n'aurais rien pu faire.


son image de lui figé dans notre lit est gravée en moi, quand je pense a lui c'est la premiere qui me revient, elle ne me terrorise pas mais je me dis juste que c'est pas la plus belle image qu'il me reste....


Tous nous gardons longtemps en mémoire cette dernière image. Elle est à la fois terrible et nécessaire à notre prise de conscience. Peu à peu, quand tu auras la force de retourner en arrière, dans vos souvenirs communs, d'autres images viendront éffacer celle-ci, heureusement. Il faut du temps pour apprivoiser sa douelur, sa souffrance. Mais sans vraiment s'en apercevoir, tout doucement, on y arrive.

Tu as tellement de choses à penser, à rêgler, des décisions à prendre, alors qu'il faudrait que tu te poses un peu.
Prends le temps de t'occuper de toi, oses demander conseil à ta famille, à tes amis, tu ne peux pas tout assumer seule.
Et si besoin, nous serons toujours là, nous ici sur ce forum.

Je te serre fort contre moi, petite Sofi.
Je t'embrasse.

Marina
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koala
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« Répondre #49 le: 02 Février 2012 à 04:26:32 »

Ha sofi comme je te comprend....(ca fait du bien de dire qu'on comprend qqn.... car les gens en général nous comprennes pas)

J'ai comme toi cette image mais heureusement j'en ai 2 en fait... la 1ere est le dos de mon amour... il était tournée vers le mur. Il dormait sur le cote.... (sans respirer) et la 2e plus choc est l'image de lieu quand je l'ai tourner pour faire les manoeuvre de réanimation mais j'y pense bcp moins!

J'ai vécu ce sentiment un peu de culpabilité dans le 1er mois, car j'ai entendu un moment de panique vers les 5h15 du matin, je venais d'aller a la salle de bain. Je l'ai juste vu se tourner en panique et.... son corps a continuer de ronfler! Alors je lui ai simplement dit que tout allait bien aller en pensant qu'il venait de faire un mauvais reve.... Alors entre se moment et le moment que je l'Ai retrouve apres le dejeuner des enfants. Il est parti sans un mot! Cela m'est arriver de pensé que j'étais la pire des connes de ne pas avoir saisi qu'il pouvait faire un malaise quelqu'conque! Que cela était de ma faute si mes filles avait pu de papa! .... Mais rapidement, je me suis dit aussi que j'avais 28 ans a l'époque du déces.... que tu ne peux pas penser que mon conjoint est entrain de faire un malaise en plein milieu de la nuit a moitié endormi.... et que c'étais peut-être mieux ainsi.... Car si j'avais su et qu'on aurait été capable de le réanimer.... ca aurait été a quel prix ?! Hospitalisation 6 mois intensif ou je ne sais pas.... Alors, la vie en a décidé ainsi.... JE NE SUIS PAS D'ACCORD! mais je n'ai pas le choix ! et je n'en suis pas responsable! De plus, comme dit Marina.... mon conjoint est parti serein.. la mort dans un sommeil doit être la meilleur.... (bcp plus complique pour les vivants par contre). C'est une question que je me suis fait poser a 2 reprises... la 1ere fois j'ai trouver cela bizzare... mais ensuite je me suis dit que c'étais quand meme une bonne question. Son frere m'a demandé s'il avait l'air d'avoir souffert, apres réflexion je lui ai répondu que non!

Je ne connais pas le systeme francais... mais ici au quebec si tu n'es pas marier mais que tu as un enfant, tu es considerer conjoint de fait ! Ce qui te donne certain droit aupres de ton conjoint ! Pour la seule chose qui ne compte pas si tu es conjoint de fait c'est dans la séparation des biens! Heureusement, ma mere m'a pousser fort a aller faire mes testament l'été passée! Je l'ai tellement remercier... j'aurais été dans la merde total... pas que je ne m'entend pas avec ma belle-famille mais on ne sait jamais!  Maintenant, je passe j'ai le notaire pour un mandat d'inaptitude... au cas qui m'Arriverais qqc et que je serais inapte pour gerer mes choses.... je ne pensais pas faire cela aussi tot dans la vie... mais on est tous bien placer pour savoir que cela peut arriver n'importe quand!

Wow, je suis en feu ce soir pour écrire lol!

Tu as raison de ce demander comment notre peine aurait été s'il aurait été malade! Je n'aime pas la comparaison que je vais faire mais il y a un peu de vérité la dedans.... notre peine doit ressembler au gens qui découvre une personne suicidé... la seul différence c'est que ce n'est pas nos amours qui ont décidé mais la vie de nous l'enlever! Je crois, que c'est la colere qui est différente et non pas la peine! Car on peut être en colere contre la maladie ou la personne qui a provoquer un accident de voiture ou  peut importe... mais la on est juste dans le Pourquoi !?
-Pourquoi que la vis nous fait cela?
-Pourquoi la vie fait cela a nos enfant ?
- Pourquoi moi ?
- Pourquoi pas un malade mental qui est en prison pour agression n'est pas décédé a la place de notre amour ?!

Malheureusement, il n'y a pas de réponse connu a tous cela! Un jour viendra peut-être une explication. L'important, je crois c'est de pensé au présent et bien sur a l'occasion au bon souvenir! Les images de déces qu'on a pu voir, doive être rangé dans un tiroir de notre cerveau! Ce qui m'encourage c'est que mes enfants n'ont pas cette image en tete!Le service policier et ambulancier ont bien faite leur travail! Je ne voulais pas que mes enfants voit papa comme cela ! En fait, je suis la seule qu'il les vu décédé (sans être embaumé pour l'exposition) Sa famille, étant toute a 2h30 de route, sont venu pour la fds. Mon père a l'hopital ne voulais pas le voir! Il était encore sous le choc aussi, car c'est la préposé a l'Accueil qui lui a souhaiter ses condoléance en ouvrant la porte du salon de la famille. (Il faut préciser que mon pere n'étais pas au courant du décès.. il savait juste que mon conjoint était parti en arret cardio respiratoire) Aucune délicatesse dans les hopitaux!

Une chose qui m'est venu un peu dur aussi... c'est de se faire interroger toute suite apres avoir vu le corps a l'hopital par la police! J'ai beau me dire qu'il font leur travail mais apres le recul c'est un peu raide.... malgré que la policiere fut énormement correct mere elle aurais de 2 enfants de 2 et 4 ans... elle était un peu sur le choc je crois aussi !

Bon, mon roman est fini lol ! Sourire Je dois aller me coucher! Petite journée de travail demain! Avec la fermeture de nos écoles avec la supossé tempete qu'on a pas vraiment eu... les eleves font etre excité demain!

Annie
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« Répondre #50 le: 03 Février 2012 à 00:30:42 »

annie,

tu ne peux pas imaginer ce que c'est important pour moi de te lire, et de savoir que notre epreuve se ressemble!

moi j'ai posé notre enfant a cote de son pere avoir de m'apercevoir qu'il ne bougeait pas...je te laisse juste imaginer ce qui a pu se passer.

l'interrogatoire par la police ne m'a pas choquée, ça me paraissait juste qu'ils veuillent savoir. Je ne me suis jamais sentie deplacée comme toi les gens que j'avais en face de moi avait des enfants en bas age, au contraire j'ai ressentie de la compassion.

comme toi, je me dis qu'il y avait des cons sur terre a rappeler avant le papa exceptionnel qu'etait Yoann.
on revait souvent de decrocher le gros lot a la loterie...c'etait devenu une plaisanterie entre nous. Aujourd'hui, j'ai pris l'habitude de dire que j'ai decroché la super cagnotte du malheur. en termes de probabilité, il y avait a peu pres autant de chances ....(je rappelle que mon amour est decede le jour de l'anniversaire de notre fils)
la vie est cruelle, et comme toi j'ai decidé de prendre mes dispositions si jamais il m'arrivait quelquechose...

je t'embrasse
sofi
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« Répondre #51 le: 08 Février 2012 à 17:05:18 »

Envie, simplement, de vous faire partager les paroles de cette chanson de Françoise Hardy,
qui s'intitule : TANT DE BELLES CHOSES

Même s'il me faut lâcher ta main
Sans pouvoir te dire "à demain".
Rien ne défera jamais nos liens.

Même s'il me faut aller plus loin,
Couper les ponts, changer de train,
L'amour est plus fort que le chagrin.

L'amour qui fait battre nos coeurs
Va sublimer cette douleur,
Transformer le plomb en or.

Tu as tant de belles choses à vivre encore,
Tu verras au bout du tunnel
Se dessiner un arc-en-ciel
Et refleurir les lilas.

Tu as tant de belles choses devant toi.

Même si je veille d'une autre rive,
Quoi que tu fasses, quoi qu'il t'arrive
Je serai avec toi comme autrefois.

Même si tu pars à la dérive,
L'état de grâce, les forces vives
Reviendront plus vite que tu ne crois.
Dans l'espace qui lie le ciel et la terre
Se cache le plus grand des mystères.
Comme la brume voilant l'aurore.

Il y a tant de belles choses que tu ignores
La foi qui abat les montagnes,
La source blanche dans ton âme.
Penses-y quand tu t'endors,
L'amour est plus fort que la mort.

Dans le temps qui lie ciel et terre
Se cache le plus beau des mystères.
Penses-y quand tu t'endors,
L'amour est plus fort que la mort.

 Bisou

Marina
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Mieux vaut souffrir d'avoir aimé que de souffrir de n'avoir jamais aimé.
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« Répondre #52 le: 08 Février 2012 à 18:52:29 »

merci Marina de nous partager ce beau texte!
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Tu es juste de l'autre coté du chemin...


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« Répondre #53 le: 08 Février 2012 à 18:57:10 »

Chère Marina...

O combien ces paroles font écho à ce que je ressens en ce moment... "espoirs"... "croyances"... tout se mélange pour une seule certitude : l'amour est plus fort que la mort...

 Bisou
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« Répondre #54 le: 08 Février 2012 à 19:28:43 »


O combien ces paroles font écho à ce que je ressens en ce moment... "espoirs"... "croyances"... tout se mélange pour une seule certitude : l'amour est plus fort que la mort...


Oh, comme ne ce moment, je voudrais ne plus douter, en être sûr !

Je suis envahi par le doute, la peur, l'angoisse, comme si l'amour m'avait laissé tomber avec sa mort !

Yohann

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« Répondre #55 le: 18 Février 2012 à 15:00:07 »

Bonjour...

Aujourd’hui, calme, sérénité... cet état dure depuis plusieurs jours et je sens une certaine forme d'apaisement s'installer tout doucement...
Oh, bien sur, le manque de mon Gilles est toujours aussi fort, le vide de son absence est omniprésent, mais la douleur s'assoupit un peu... elle est moins intense...
Je sais qu'elle peut se réveiller, sans prévenir, au détour d'un "petit quelque chose"... je le sais... mais j'ai appris aussi qu'elle peut s'adoucir avec un autre "petit quelque chose"...

Il y a eu un temps où je culpabilisais même de moins éprouver, par moment, ce chagrin, cette blessure, je le ressentais presque comme  une atteinte aux souvenirs, à son souvenir...
Et puis, lentement, j'ai pris conscience (avec votre aide aussi...) que cela faisait partie des pas que je devais faire pour avancer...
Même s'il n'est plus là physiquement, je sens qu'il m'accompagne silencieusement sur ce chemin...

Je vous embrasse
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« Répondre #56 le: 18 Février 2012 à 19:03:00 »

Ghislaine,

j'eprouve a peu pres la meme chose en se moment. Et cette mauvaise conscience me hante, je me suis meme confrontée a nos souvenirs, en allant me promener au bord du lac , là ou nous sommes promenés le premier jour de notre installation en suisse. Et bien sur là ça a été le raz de marée. j'aurai volontiers sautée dans l'eau glacée si notre fils n'avait été là à nourrir les canards....encore ce decalage entre ma souffrance et son insouciance. il m'a demandé pourquoi je pleurais. Je lui ai repondu que papa me manquait...et j'ai eu le droit à "papa, parti, bateau"

je voudrai que le monde s'ecroule, qu'il soit a l'image de mon coeur et mon cerveau ravagés.
Que l'on disparaisse tous en meme temps, comme ça il n'y aurait plus personne pour nous pleurer, pour eprouver ce que , nous, nous eprouvons si douloureusement.

voila je crois que le prochain creux de vague se profile, et je l'ai moi meme provoqué.

sofi
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« Répondre #57 le: 19 Février 2012 à 01:07:28 »

Oui, Sofi, nous avons tous ce besoin de retours en arrière, même si nous savons que certains font mal...

Besoin de revoir les endroits où nous avons été ensemble, de chercher son image sur les photos ou regarder des vidéos, de toucher les objets lui appartenant ou les vêtements qu'il portait, reproduire des gestes qu'il faisait...
Des expressions, des mots qu'il disait, on se surprend parfois à les formuler nous-mêmes...

Oui, nous avons ce besoin de nous souvenir...
Peut-être par peur d'oublier, justement parce que nous parvenons à vivre des moments moins pénibles.
Mais ce n'est pas pour cela que nous nous détachons de nos amours. Comment pourrions-nous le faire, d'ailleurs... ils font partie intégrante de notre vie, chaque jour, à chaque seconde...
Avec le temps, les souvenirs deviennent plus doux, simplement plus doux...

Abandonne-toi à cette vague qui revient (à l'instar des éléments qui se déchainent et contre lesquels nous ne pouvons rien, impossible de faire autrement que de subir), mais garde surtout à l'esprit qu'elle finira par s'amenuiser pour céder la place à une nouvelle accalmie...

Dépose ton chagrin ici s'il devient trop lourd et consens à penser que tu peux te sentir mieux, sans mauvaise conscience, ni trahison de ta part...

Je t'embrasse
Ghislaine
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« Répondre #58 le: 25 Février 2012 à 13:30:17 »

Aujourd’hui, je vais faire du rangement.
Pas les placards, pas le bureau, pas les armoires, la grange ou le grenier.
Dans ma tête. Bien plus petit, mais bien plus en « foutoir ».

Quand on se retrouve soudain Seule, avec un grand S, même si autour il y a des enfants, de la famille et des amis, c’est soudain un désordre indescriptible dans la tête qui se produit.
Les petites cases habituellement bien alignées, les tiroirs étiquetés subissent un maelstrom d’une violence inouï, comme après le passage d’un typhon. Typhon appelé MORT.
Plus rien n’est à sa place, tout se mêle, se mélange, le bien, la mal, la morale, Dieu, le hasard, les regrets, les souvenirs, les pourquoi, les « j’aurais dû », les « et maintenant ?», hier, aujourd’hui, demain…

Pourtant, chaque petite case avait son utilité « avant », sa vocation, et chaque jour un petit rangement s’imposait sans lequel on se couchait en se disant : « Qu’est ce que je n’ai pas fait aujourd’hui ? Pourquoi cette gène avant de m’endormir ? Qu’est ce qui n’est pas à sa place ? »
Parfois, quelques jours de vacances, quelques jour de folie ou une très très grosse flemme, il fallait reprendre un peu tout cela, mais bon, rien de grave.

Mais quand le typhon Mort est passé, on est anéanti, on reste assis devant les restes de sa vie, devant les lambeaux de souvenirs, photos floues, cadeaux éparpillés, bonheur laminé… Tout a basculé, tout s’entrechoque, se télescope…

Il serait vain de penser qu’en remontant ses manches, on va reprendre les choses en mains rapidement. Tout au plus, par la force des choses, les papiers administratifs à fournir à tout va, se sent-on obligé de déblayer la première couche, celle du brut, du sans sentiment, de l’obligatoire. En cherchant une déclaration d’impôt, on découvre une photo, en soulevant le classeur du notaire on trouve une lettre d’amour…
Vite, recouvrir tout cela, vite.
Tout s’empile, déborde, plus de logique, plus rien de pratique, un immense désordre s’installe, presque rassurant parfois, dessous, bien au chaud, il y a le passé heureux.
Chut, ne réveillons pas les démons qui pourraient le détruire, avant que l’on ait eu le courage d’y replonger, histoire de souffrir un peu plus …

Et le temps coule entre larmes et répit.

Alors un jour, il faut s’y mettre.
Physiquement, c’est le plus « facile » (quoi que…), on se prépare, on se blinde pour démarrer la tâche, aujourd’hui, on trie, on jette, on relit, on découvre, on s’interroge… Les vêtements, le rasoir, l’eau de toilette, les petits objets du quotidien… Cela peut être difficile mais cela peut aussi être un geste actif qui permet d’avancer. Cela se fait un jour, sans raison particulière, envie d’être avec lui, et ensemble, on remet de l’ordre en se parlant : « Cà mon Pierrot, vous vous souvenez, nous l’avions acheté à… et çà, quand je pense que l’on a porté ces trucs ridicules ! Et çà, c’est un cadeau des parents… ». Et puis soudain, sans savoir vraiment pourquoi, le chagrin monte, monte, monte. Il est urgent de s’arrêter. On reprendra plus tard. Et on reprend plus tard.

Dans la tête, c’est plus délicat.
Le typhon Mort a fait des dégâts. Les petites cases sont toutes bousculées. « Avant », il y avait nous, petite case présent, petite case avenir, petite case projets, celle des petits bonheurs, celle des grandes joies, celle des souvenirs, les beaux, les doux, les intimes, les rien qu’à nous, boites à trésors infinis, malle aux merveilles…
Et à coté, le meuble à tiroirs. Enfin moi, j’ai un meuble à tiroirs.  Ce meuble, je l’ai rangé une année après le départ de Pierre.

Un jour, je me suis dit que la vie était un grand meuble plein de tiroirs. J’ai toujours aimé ces grands meubles de mercerie, chaque tiroir est une découverte, un trésor, parfois une déception, comme les calendriers de l’Avant, bonbon rose anglais sucré, citron acide, ou amer, alcoolisé ou écœurant. Cette idée vient de la réflexion de ce matin juste au réveil.
Chaque matin, encore un peu endormie, déjà réveillée, je remets mon cerveau en route souvent par une question. Comment, pourquoi, qui, quand, où… Huh?
Ce matin, le soleil passait entre les rideaux et un merle chantait joyeusement. Je me suis demandée pourquoi certains matins étaient gris, froids, et tristes comme hier et d’autres comme aujourd’hui, sans que la météo soit de la partie.
Dieu.
Dieu ?
Dieu ?!?! Je ne sais pas.
Et Dieu m’a entrainé vers mon meuble à tiroirs…
Meuble de classement, de rangement, petits casiers qui sont l’image de ma vie.

J’ai toujours fait en sorte de ne pas déroger à la morale, à faire le maximum pour faire le bien autour de moi, à aimer mon prochain, le soutenir en cas de besoin, être sincère et honnête, donner, prêter, combattre le mal, soigner, écouter, recueillir, accueillir... Je n’ai pas la prétention de croire que je n’ai pas failli, je le sais bien. Parfois, trop dur, parfois, pas envie, parfois égoïste, parfois un peu fait semblant... Mais rien de grave, jamais de trahison, de gros mensonges, de mal pour le plaisir. Des erreurs, oui, des mauvais choix, oui, quelques regrets, mais pas de remord.
Je pensais consciemment ou inconsciemment, que ces bons sentiments éloigneraient de moi, chagrin et douleur. Erreur. Faire le bien ne veut pas dire récolter le bien.

C’est vrai que je voudrais vraiment qu’il y ait un Dieu, qui nous attend tous dans un endroit serein et paisible où l’âme de mon Pierrot peut se reposer et parfois, m’envoyer des messages, me guider, me soutenir. Ce serait trop dur de penser que Pierrot n’est plus qu’un tas de cendres grises, dans une urne blanche au fond d’un trou, seul au cimetière.
Et que je suis seule de mon coté, définitivement.
Là, oui, cela m’arrange de croire à un Au-delà paradisiaque. Mais ce Dieu est-il si puissant qu’il veut nous le faire croire ? Oh, je sais bien, il y a les fameuses « forces du mal », mais dans la vie, on n’est pas dans Harry Potter. Non, ce Dieu qui s’est amusé à créer l’homme un jour de spleen, sans doute, s’est probablement laissé déborder par sa créature, sorte de Frankenstein et maintenant, il n’a plus assez de pouvoir pour la retenir, elle qui court à sa perte inexorablement. Il doit être triste ce « Dieu qui est assis sur le rebord du monde et pleure de voir ce que les hommes en ont fait. »
Mais cela signifie alors que nous ne sommes maîtres de rien, que nous subissons sans pouvoir intervenir, entrainés par une foule incontrôlable, qui déclare des guerres, construit des usines chimiques, pollue des champs, clone des brebis, cultive des bactéries, provoque des maladies... Personne pour nous arrêter, nous prévenir, nous protéger ? Et un terre épuisée qui menace d’exploser et déborde par ses volcans, secoue ses plaques tectoniques et provoque des séismes et des tsunamis, quand se ne sont pas des ouragans, tornades et autres tempêtes. C’est terrible et terrifiant.
Fourmi dans ce capharnaüm diabolique, je m’accroche à mes repaires.

Et j’en arrive à mon meuble à tiroirs, petit meuble dans un vaste monde, mais quand le typhon Mort frappe, le monde n’a aucune importance. Tiens, il pourrait bien s’écrouler, je ne serais pas fâchée !

Première tiroir, première étiquette, le tiroir des bons et merveilleux souvenirs, pleins de photos, de plumes, de dessins, de bouvreuils, de rouge gorge et autres mésanges et de papillons, plein de rêves, de projets, plein d’amour, de câlins, de tendresse, de mariages, et de naissances.
Et maintenant plein de signes, plein de messages envoyés par vous mon Pierrot, des coccinelles, des lampes qui s’allument, des escabeaux qui tombent – oui, çà, c’est le message : « Attention Mimi, cet escabeau est pourri, vous allez tomber. Ah ! J’aurais du le jeter avant de partir ! ».
Dans ce tiroir : Ma famille, Pierre. Les miens comme on dit, ceux qui m’entourent toujours avec toujours autant d’attention et de tendresse malgré les mois qui passent et le chagrin qui reste. Infaillibles, indestructibles, là. De l’amour.
J’y trouve aussi des chants d’oiseaux, des fleurs, des coquillages sur le sable, le ressac et du soleil, des tartines de pain beurre-confiture, des discussions sans fin, des éclats de rires, des repas de fêtes, d’anniversaires, des silences délicieux, des douceurs, des cadeaux, des surprises, des sapins de Noël, et des matins blancs de neige, de l’éblouissement, de l’émotion, de la joie, de la musique et des chansons…
Il y a Mozart, Monet, Michel Berger, des chewing-gum à la chlorophylle, des poèmes, des corps essoufflés de plaisir, des envies d’école buissonnière, des feux de cheminée crépitants, des tendres sourires, des parfums de compotes et de vanille, des balades mains dans la main, des chats, chatons, boule de poils, boules de jeux, boules de tendresse et des chiens aussi…
Il déborde ce tiroir là, je ne peux pas me résoudre à en faire le tri, je garde tout, tout m’est indispensable pour continuer. Je m’y plonge régulièrement, la tête la première, pour me convaincre que j’ai eu une belle part de bonheur. Plus que ma part, même.
Il était temps qu’il s’arrête ce bonheur, j’aurais été obligé d’ouvrir un tiroir annexe !

Le tiroir des malheurs est le pire, on voudrait ne pas en avoir du tout ou qu’il reste clos et vide. Mais non. A mon âge, je dois probablement m’estimer chanceuse, dans ce terrible tiroir, il y a peu de noms et un seul qui m’empêche de le refermer. Le votre : Pierre. C’est le plus beau prénom, même là, vous êtes conforme à mes rêves de jeune fille, mon héros s’appelait toujours Pierre ou Paul. Vous faites un doublé, vous vous nommez Pierre-Paul devant l’état civil. J’y trouve aussi mes grands-parents, disparus à un âge qui me paraissait canonique et dans l’ordre des choses et à une époque où ma vie était rose.
De ce tiroir là s’échappent toujours et toujours des gémissements, des lamentations, des cris épouvantablement silencieux, des questions sans réponses. Les miens et les miennes. Sans fin. Seuls quelques observateurs attentifs s’en aperçoivent, à la couleur de mes yeux, à mes cernes, à ma pâleur, au son de ma voix. Rien qu’avec un « Bonjour » au téléphone, ils savent si je suis bien ou pas.

Et puis il y a le tiroir à déceptions. Je le voudrais vide, mais non. Je voudrais tout jeter, oublier, mais non. Des choses, des attitudes, des réflexions, des gens qui m’ont fait de la peine, mais à qui je trouve parfois des circonstances atténuantes, des contacts encore rattrapables, peut-être. C’est mon jugement, bien sur, sans doute, eux, pensent-ils avoir eu de bonnes raisons, d’avoir agit ainsi avec moi. Ils ont eu besoin de quelqu’un, à un moment donné de leur vie. J’étais là. Je leur ai tendu la main peut-être aussi pour avoir un retour, c’est vrai. Mais l’abandon tandis que moi je vis aussi des moments très durs, je ne l’imaginais pas.
C’est un tiroir que j’ouvre rarement. Il me fait trop de peine et soulève trop de questions. Mais parfois, je vais m’y frotter, pour m’y piquer, par masochisme sans doute ou pour me dire que je suis quand même debout malgré tout. Ou peut-être grâce à cela.

Mais le tiroir à trahisons, lui, me met encore en colère, malgré les années. Dedans, les traitres, ceux qui nous ont poignardés sournoisement, ceux qui ont trahis notre confiance, ceux qui ont profité de nous, abusé de nous. Ils ont fait semblant, ils ont trichés. Ils ont le cœur sec. Il n’y a rien à en tirer. Dossiers archivés.

Le tiroir de l’Amitié est un beau tiroir, que j’ouvre souvent avec bonheur. Cette Amitié là ne se manifeste pas forcément bruyamment, mais elle est sincère. Et c’est un oasis qui permet de reprendre son souffle quand le cœur lâche. Celui là est un magnifique tiroir, dans lequel je vais chercher du soutien en cas de « crise ». J’y trouve toujours quelqu’un pour m’aider à reprendre le chemin.

   Et puis le tiroir des surprises. Les bonnes, venant d’inconnus, de gens sensibles et délicats. Réactions inattendues et douces à ma vie.
Et les moins bonnes,  les petites déceptions à traiter par le mépris, je ne comptais pas sur eux… je n’ai pas été déçue. Sans grande importance. Cette seconde partie du tiroir à surprises, je la laisse en plan, je ne m’en occupe pas. Peu à peu ces dossiers là tomberont en poussière, grignotés par les souris, disparus, sans laisser de traces et de souvenirs.

Six tiroirs ? … Il y en a d’autres.

Oui aujourd’hui je rajoute le tiroir du courage et de la force. Tiroir inattendu, que la vie m’a fait ouvrir par la force avec violence et brutalité, en juillet 2010. Dedans il y a l’apprentissage de la solitude, la maitrise du chagrin, la reprise de contrôle de la vie, la patience.

Aïe, 7 tiroirs ! Il est bancale mon meuble…
Comme moi.

Marina
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« Répondre #59 le: 25 Février 2012 à 14:55:17 »


Et pourquoi pas un autre tiroir qui s'intitulerait "bonheur du jour" c'est ainsi que je perçois , à cet instant précis, 
votre si beau texte ?
Avec cette figure de style,  qui est somme toute notre  quotidien à nous qui souffrons  du manque d'un être aimé et l'exprimons
sur ce forum pour poursuivre, en quelque sorte,  le dialogue  interrompu (?)  : "le passé heureux/histoire de souffrir...".
Jusqu'à quand ressentirons-nous cette opposition à  moins que... ? 

                                        Il faut revenir pas à pas
                                             Vers la seule fenêtre ouverte
                                                      L'avenir est là
                                                             Comme un enfant qui rit.
                                                                    Il reste assez de jour
                                                                           Pour guérir une forêt
                                                                                 Assez d'arbres
                                                                                        Pour croire à l'aurore
                                                                                              Un grand coup de ciel sur ta vie
                                                                                                      A fait le monde pur
                                                                                                            Comme un drap gonflé par le vent.
En ce visage l'avenir
Hélène Cadou,
                                                   
Journalisée
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